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Chronique | Des nouvelles du front

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14.08.2026

Il y a quelque chose de charmant dans le fait d’être coincé sur une route derrière une machine agricole. Je t’écris de la baie des Chaleurs, où je suis en vacances, seule avec deux de mes enfants. C’est adorable de ne pas pouvoir dépasser un engin qui avance à 25 km/h là où on roule d’habitude à 90. La longue file de véhicules impatients, mais complètement impuissants, à la queue leu leu, sillonnant leur destin commun. Mais arrêtez de vous énerver, vous allez faire quoi ? Juste ses roues font deux fois notre taille ! Fermez-la avec vos roulottes et vos vélos de montagne attachés derrière. Heille ! Le kayak sur le toit, on n’est pas en pays conquis ici. Cette terre n’est pas aux vacanciers, mais à ceux qui la travaillent. Pogne ton trou, pis attends que le gros tracteur tourne.

C’est mon genre de trafic préféré. Et venant de la ville, le trafic, je connais ça. Souvent, les bouchons de circulation, à moins d’un accident, on ne comprend pas vraiment pourquoi ils sont là. À un moment donné, tout le monde se dit : « À go, on freine. » La route devient trop étroite ou y a une jonction, ou on atteint le nombre de véhicules exact qui fait que ça déborde… Bref, tout ça est une science confuse et inexacte. C’est donc très satisfaisant quand, au moins, on comprend pourquoi tout à coup on roule à 15 km/h. Regarde, c’est parce que la moissonneuse-batteuse doit aller quelque part.

La route........

© Le Devoir