Papinachois, lorsque le récit déplace la question
Nos administrations publiques consultent de plus en plus. Sondages, audiences, ateliers : les démarches participatives se multiplient. C’est une bonne chose. Mais poser une question ne suffit pas toujours. Encore faut-il être prêt à entendre une réponse que nous n’avions pas prévue.
Le 29 mai dernier, une trentaine de personnes se sont retrouvées à Papinachois, près de Pessamit, sur la Côte-Nord. La relance de ce site patrimonial à vocation écotouristique, sans activité depuis plus de vingt ans, est aujourd’hui en réflexion. Quatre étudiants de l’École nationale d’administration publique (ENAP) avaient préparé cette journée avec des membres de la communauté engagés dans le projet.
La journée a commencé en marchant. Avant de parler d’aménagement ou d’activités touristiques, les participants, principalement issus de la communauté, ont parcouru les lieux. Puis, réunis sous un shaputuan, grande tente traditionnelle à deux portes, ils ont été invités à raconter un moment où Papinachois leur avait semblé vivant, fort ou rassembleur.
L’eau, omniprésente dans l’environnement du site, est revenue presque aussitôt dans les souvenirs. Les baignades dans les chutes, le canot, la pêche. Puis les camps, les repas, les rassemblements, les rencontres avec les aînés, les moments passés en famille. Les bains de minuit aussi.
Nous étions rassemblés pour réfléchir à l’avenir d’un potentiel site touristique. Les premières réponses parlaient pourtant très peu de tourisme. Elles parlaient d’un lieu déjà vécu, chargé de souvenirs encore très présents.
Au fil des récits, Papinachois apparaissait autrement. Ce n’était plus seulement un site à aménager. C’était un lieu fait de relations, de pratiques, de........
