menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Idées|Un an après la mort de Nooran, qui prend soin de ceux qui restent? Iman Sta-Ali et Amira Bensahli

23 0
18.09.2026

Un an s’est écoulé depuis que Nooran Rezayi, 15 ans, a été abattu par le Service de police de l’agglomération de Longueuil, le 12 septembre 2025. Un an plus tard, sa mort ne peut pourtant pas être pensée en dehors d’un contexte plus large de violences policières et institutionnelles.

Au cours de la dernière année, d’autres événements sont venus rappeler la persistance du racisme et de pratiques déshumanisantes au sein des institutions policières. Les allégations voulant que des policiers du Service de police de la Ville de Montréal aient conservé des mèches de cheveux prélevées sur des personnes noires et arabes comme trophées ont provoqué l’indignation.

Il y a quelque chose dans ce geste que nous connaissons déjà. Pendant des siècles, les corps des peuples colonisés ont été disséqués, exposés, mesurés et collectionnés. Des restes humains ont été prélevés sans consentement et envoyés dans des musées européens. Alors, lorsqu’on entend aujourd’hui parler de mèches de cheveux qui auraient été conservées comme trophées par des agents de l’État, difficile de ne pas penser à cette histoire.

On nous dira que ces histoires n’ont rien à voir entre elles. Que la mort de Nooran était un incident isolé.

Nous sommes psychiatres, psychologues, psychothérapeutes et intervenants psychosociaux. Nous faisons partie du filet de sécurité de cette société et nous accompagnons chaque jour des jeunes, des familles et des communautés qui vivent les conséquences psychiques de la violence institutionnelle.

Nous voyons des jeunes qui ne se sentent plus en sécurité dans leur propre quartier et qui apprennent à se méfier de ceux qui sont censés les protéger. Chez certains, la violence subie finit par prendre toute la place. Elle change leur manière d’habiter leur corps, d’être avec les autres, d’imaginer leur avenir. Certains ne dorment plus, s’isolent, consomment, décrochent de l’école, deviennent violents envers les autres ou envers eux-mêmes. Certains ne croient simplement plus que cette société a quelque chose à leur offrir.

Un jeune peut être vivant, mais fondamentalement touché dans sa vitalité. Et, contrairement à la mort physique, cette destruction-là passe facilement inaperçue.

Nous parlons ici de conséquences psychiques qui dépassent la peur ou........

© Le Devoir