La fin du travail n’a pas eu lieu
Ce n’est pas d’hier qu’on nous prédit la disparition des emplois sous l’effet de l’automatisation. « D’ici 30 ans, le marché mondial n’aura besoin que de 20 % de la population active. » Voilà ce que déclarait l’économiste Jeremy Rifkin… il y a 30 ans.
Rifkin faisait alors la promotion de son essai The End of Work, dont la traduction française, La fin du travail, est parue l’année suivante en France, puis au Québec (Boréal).
Jusqu’à maintenant, expliquait Rifkin, le chômage entraîné par les différentes révolutions technologiques avait toujours été absorbé par un nouveau secteur. Le secteur manufacturier avait absorbé les agriculteurs chassés par la mécanisation, puis le secteur des services avait absorbé les ouvriers délogés par l’automatisation.
Mais la séquence s’arrêterait là, selon lui. Les services ont à leur tour été victimes de l’informatisation, et le seul secteur émergent, celui des technologies de l’information, créait moins d’emplois qu’il en détruisait.
« Il serait naïf de croire qu’une multitude de travailleurs en cols blancs ou bleus, qualifiés ou non, puissent être transformés en physiciens, informaticiens, techniciens supérieurs, biologistes moléculaires, consultants d’affaires, avocats, comptables et autres. »
N’en déplaise à Rifkin, le chômage allait pourtant connaître une baisse constante en Occident. De 1995 à 2025, il passe d’environ 6 % à 4 % aux États-Unis, et de 9 %........
