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Idées | Sortir de la vision infantiste

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18.10.2026

En quelques semaines, le mouvement de la jeunesse en France a révélé une posture intéressante de la part des adultes de là-bas et d’ailleurs, très peu connue, peu évoquée et pourtant ô combien présente dans les institutions, qu’elles soient scolaires, sanitaires ou qu’elles soient dans la société au sens large. Il s’agit de l’« infantisme ». Ce terme a été traduit du mot childism popularisé par l’essayiste Elisabeth Young-Bruehl par ma consœur Laelia Benoit, pédopsychiatre et sociologue au Yale Child Study Center. Il définit l’ensemble des préjugés et des discriminations à l’égard des enfants et des adolescents du seul fait de leur âge.

L’infantisme montre comment la société perçoit et considère les jeunes, en les infantilisant et en les dévalorisant lorsqu’ils prennent la parole sur des sujets sociétaux et des débats qui les concernent au premier plan. Il évoque le mépris de nombreux adultes face à cette jeunesse, qu’ils considèrent comme insuffisamment informée, sans expérience et sans expertise, donc non légitime pour élever la voix. Il explique pourquoi de nombreux adultes accusent les jeunes d’être instrumentalisés et manipulés par des partis politiques, convaincus qu’ils sont que ces jeunes n’ont pas de pensée propre.

Celui qui fait preuve d’infantisme voit aussi l’enfant comme un être incomplet, car « pas encore adulte » : c’est l’idée d’un être inférieur, incompétent, donc moins digne d’être entendu et respecté. Il rappelle que l’enfant est encore considéré comme un objet appartenant aux adultes, et à la société en général, alors qu’il est pourtant défini dans la Déclaration des droits de l’enfant comme un sujet de droit. L’adulte infantiste pense qu’il a pour mission de guérir l’enfant de cette « maladie qu’est l’enfance » en lui permettant de s’affranchir de ce terrible état pour accéder enfin au Graal de la vie d’adulte.

L’infantisme se reconnaît dans les paroles de la docteure en philosophie et ancienne professeure de lycée Bérénice Levet quand elle dit à la télé qu’il faut cesser de donner la parole aux jeunes et que, non, leur parole n’est pas précieuse. Elle précise........

© Le Devoir