Ce que la crise a de prévisible, qu’on le veuille ou non
Une proportion inquiétante de jeunes qui ont été suivis par la protection de la jeunesse vivent de l’itinérance, une réalité documentée contre laquelle plusieurs provinces et État luttent en leur apportant un soutien financier. Voilà qui devrait inspirer le Québec, estiment les cosignataires.
Le bébé d’un an trouvé dans un campement il y a quelque temps a secoué le Québec, montrant une fois de plus l’ampleur de la crise de l’itinérance, mais surtout, son étendue, touchant maintenant toutes les phases de la vie.
Et si elle s’étend, l’actualité nous montre aussi qu’elle officialise ses cycles. Les morts récentes de deux personnes en situation d’itinérance en sont une triste preuve. Avec l’automne, le froid qui revient et une soudaine urgence d’agir.
On répète que l’itinérance est un problème complexe, aux causes entremêlées, sans solution simple. C’est vrai. Mais ce qui revient avec les saisons n’a rien d’imprévisible. Il est aberrant d’attendre, chaque année, la mort d’une personne pour se mettre en action à l’approche de l’hiver.
Il est tout aussi aberrant de connaître, chiffres à l’appui, certaines trajectoires qui mènent à l’itinérance et de ne rien faire pour les prévenir.
En effet, au Québec, un jeune sur trois qui sort d’un placement en protection de la jeunesse connaîtra l’itinérance dans les trois années qui suivront. Cette proportion grimpe à 44 % chez ceux ayant séjourné en centre de........
