« Les Israéliens ne se priveront pas de nous attaquer comme ils l’ont fait à Gaza » : au Liban du Sud, la population redoute une invasion de Tel-Aviv
Depuis deux semaines, le conflit au Liban a repris avec les offensives israéliennes. Israël a annoncé lundi le lancement d’opérations terrestres d’ampleur dans le sud du pays. Prise en tenaille, la population civile fait face à un choix cornélien : rester ou partir vers l’inconnu alors qu’une nouvelle occupation du pays se prépare.
Beyrouth, Tyr et Bouj Qalawiye (Liban), correspondance particulière.
Sur la corniche de Tyr, la capitale du Liban du Sud, de rares badauds contemplent la mer agitée par une tempête hivernale. Bien que l’armée israélienne ait appelé les habitants du pays à évacuer la zone, nombreux sont ceux qui ont choisi de rester, par défi, mais aussi par manque d’options. « Et nous irions où ? Il n’y a pas assez d’abris pour tout le monde à Beyrouth. Et si les Israéliens reproduisaient une Nakba en occupant nos terres, nous ne pourrions plus rentrer ! » lance Zainab, une Libanaise croisée avec ses jeunes enfants. « Dans la semaine, mes petits restent à l’école même si les cours ne sont plus dispensés. C’est plus sûr pour eux là-bas », ajoute-t-elle.
À quelques encablures, le centre-ville de Tyr est presque désert. Au coin d’une rue, des immeubles gisent en ruine, frappés par l’armée israélienne quelques jours plus tôt. « Les Israéliens visaient les services financiers al-Qard al-Hassan, nous explique Ahmed, un responsable média du Hezbollah. Affiliées au parti chiite, ces institutions offrent des prêts et des microcrédits à ses clients. Il n’y a pas eu de victimes, car l’immeuble avait été évacué. » En s’effondrant,...
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