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« J’ai enfin trouvé un CDI mais le 1er avril, je serai peut-être à la rue » : les expulsions locatives, une violence sociale qui explose

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30.03.2026

La fin de la trêve hivernale, mercredi 1er avril, marque la reprise des procédures d’expulsion. Le record atteint en 2025 pourrait être à nouveau dépassé. Derrière ces chiffres, des vies brisées et des familles de plus en plus criminalisées.

Toutes ces dernières années, il n’a pas lâché l’affaire. Chaque matin, il se disait que, s’il avait encore un toit, alors il y aurait de l’espoir. Pourtant, au bout, l’expulsion arrivait, inévitablement. Mais aujourd’hui, Rémi sourit en nous ouvrant la porte de son appartement. Depuis cinq mois, l’homme de 37 ans a emménagé au cœur du 20e arrondissement, dans un logement HLM de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP).

Le bailleur social a racheté l’immeuble à la Fondation Rothschild et dans le hall, fraîchement repeint, des électriciens s’affairent. La visite est rapide : un 23 m2 avec une minuscule cuisine, qui côtoie une pièce où Rémi a installé un lit, un bureau et une bibliothèque abondamment fournie. Il peut maintenant dormir tranquille.

Durant plus d’une décennie, celui qui travaille pour une compagnie théâtrale a coulé des jours heureux dans un 24 m2 de Belleville. Chaque mois, l’intermittent du spectacle honorait son loyer de 500 euros – une aubaine, dans la capitale. Mais en 2019, l’appartement est racheté. À la fin de son bail, Rémi reçoit un appel : « Mon loyer n’était pas assez rentable pour la nouvelle propriétaire, pourtant multipropriétaire. Elle m’annonce qu‘elle veut le doubler et menace de me mettre à la porte. »

1 800 euros de revenu mensuel, insuffisant pour se loger à Paris

Dans la foulée, il reçoit un courrier de l’avocat de la propriétaire, qui...

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