Politique énergétique : deux motions de censure, l’une LFI, l’autre RN, déposées contre le gouvernement Lecornu
Le parti d’extrême droite a déposé une motion de censure qui n’a aucune chance d’être adoptée, pour protester contre l’adoption par décret de la stratégie 2035 sur l’énergie. Une politique « décroissante », selon le camp lepéniste. De son côté, LFI fustige un texte « inacceptable » et a également déposé une motion qu’elle « propose aux députés issus du NFP de cosigner ».
Le groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée a déposé, lundi 23 février, une motion de censure contre le gouvernement pour protester contre la publication par décret, le 12 février, de la stratégie énergétique d’ici à 2035. La présidente du groupe, Marine Le Pen, avait appelé les députés hostiles à cette programmation pluriannuelle de l’énergie (PP3) à déposer une motion de censure, annonçant que, s’ils ne le faisaient pas, le RN le ferait.
Cette motion n’a aucune chance d’être adoptée, les partis de gauche ayant toujours refusé de voter les textes déposés par l’extrême droite s’agissant de la censure. Dans la foulée, la France insoumise a elle aussi déposé une motion de censure, a annoncé ce lundi sur X la cheffe des députés LFI Mathilde Panot. Le groupe parlementaire insoumis « propose aux députés issus du NFP de cosigner » ce texte, a précisé sa présidente.
Moindre déploiement de l’éolien terrestre et du solaire
Après trois ans de débats et d’innombrables reports, le gouvernement a dévoilé le 12 février sa nouvelle stratégie politique énergétique, qui met l’accent sur la relance de la consommation d’une électricité décarbonée, notamment d’origine nucléaire, en remplacement des énergies fossiles coûteuses à importer, la feuille de route du gouvernement a aussi acté un moindre déploiement de l’éolien terrestre et du solaire.
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Le parti lepéniste justifie son choix par la volonté de protester « sur la forme », contre « un acte illibéral contre le Parlement » (adopté par décret, le texte ne sera pas discuté par les élus de la Nation) et, sur le fond, contre « une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques ».
La droite sénatoriale a elle aussi protesté vivement contre le choix du gouvernement de passer par décret. Un débat sur le sujet est prévu lundi après-midi au Sénat, à la demande du président de la chambre haute, Gérard Larcher.
De son côté, LFI juge « inacceptable que de telles décisions qui engagent notre pays pour des décennies soient prises par décret, sans débat ni vote de l’Assemblée ». Pour être adoptée, sa motion devrait être votée par toute la gauche et le Rassemblement national. Mais il est pour l’heure peu probable que le PS y joigne ses voix après son refus de censurer le gouvernement Lecornu sur le budget 2026.
Ces textes seront examinés au plus tôt mercredi, en raison d’un délai obligatoire de 48 heures entre le dépôt et l’examen.
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