Qui assume vraiment le coût de l'enfant ?
Les enfants, c’est pas tout de les concevoir – ça, c’est la partie facile –, reste après à les élever. Et pour cela « il faut tout un village » dit lyriquement le proverbe. « Il faut surtout un bon cocktail de politiques publiques, de dépenses privées et de travail parental » répond, désenchanteur, l’économiste.
L’enfant a un coût collectif, qu’Antoine Math, chercheur à l’Ires, s’est ingénié à évaluer dans un document de travail et une note de synthèse qui viennent d’être publiés, renouvelant ainsi un exercice qu’il avait déjà effectué il y a plus de dix ans.
Ces dépenses sont en partie constituées par les biens (vêtements, alimentation, meubles…) et services (crèches, activités sportives, vacances…) à destination des enfants que les parents se procurent sur le marché. En s’appuyant sur les conventions usuelles permettant de prendre en compte les économies d’échelle au sein des ménages, Antoine Math estime ces dépenses privées à 183 milliards d’euros en 2024 par an, soit en moyenne 11 600 euros par enfant et par an, soit encore 968 euros par mois ou bien 230 000 euros sur 20 ans.
A ces dépenses des ménages, il convient d’ajouter les dépenses publiques dédiées à l’enfant, qui, selon les calculs d’Antoine Math, constituent un montant encore plus important, estimé à 241,6 milliards. Plus de la moitié de ces dépenses publiques concerne l’éducation (127,9 milliards), auxquelles il faut ajouter les dépenses de santé (25 milliards), et divers éléments que l’on peut regrouper sous le titre de la « politique familiale » : prestations familiales, indemnités journalières de maternité et paternité, aide sociale à l’enfance, bourses, crédits d’impôt… Qui représentaient en 2024 un total de 88,7 milliards.
« Toute évaluation du coût des enfants limité aux seuls biens et services achetés sur le marché par les parents passe à côté de ces dépenses socialisées très importantes », insiste Antoine Math. D’autant que les........
