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Financements en baisse, menaces de Bolloré : un mauvais scénario pour le cinéma français

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23.05.2026

Canal veut blacklister une partie de la profession, le CNC est critiqué par l’extrême droite, l’argent manque et les plateformes progressent... Alors que le Festival de Cannes se clôt, le secteur du cinéma apparaît fragilisé.

Son nom a éclipsé celui des acteurs et réalisateurs en compétition. Vincent Bolloré a concentré l’attention dès l’ouverture du Festival de Cannes, lorsque 600 professionnels du cinéma ont publié une tribune dans Libération dénonçant l’« emprise » de l’homme d’affaires breton sur leur secteur.

Ce dernier contrôle Canal , premier financeur privé du cinéma français… 

Son nom a éclipsé celui des acteurs et réalisateurs en compétition. Vincent Bolloré a concentré l’attention dès l’ouverture du Festival de Cannes, lorsque 600 professionnels du cinéma ont publié une tribune dans Libération dénonçant l’« emprise » de l’homme d’affaires breton sur leur secteur.

Ce dernier contrôle Canal , premier financeur privé du cinéma français, et a acquis en octobre dernier 34 % du capital d’UGC, troisième réseau de salles de cinéma françaises, avant d’en détenir la totalité d’ici deux ans. « Bolloré n’est pas un amoureux des arts, il mène une guerre culturelle. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir des images dans la conquête des esprits », nous dit l’un des signataires, qui tient à rester anonyme.

« Il y a eu un effet d’entraînement après l’affaire Grasset. Cette tribune part d’un mouvement spontané, qui trahit de profondes inquiétudes face à une dérive ultraconservatrice dans le monde culturel, même si la logique de Bolloré dans le cinéma est restée jusqu’à présent économique », observe Kira Kitsopanidou, professeure à la Sorbonne Nouvelle, spécialisée en économie du cinéma.

« Il y a eu un effet d’entraînement après l’affaire Grasset. Cette tribune part d’un mouvement spontané, qui trahit de profondes inquiétudes face à une dérive ultraconservatrice dans le monde culturel, même si la logique de Bolloré dans le cinéma est restée jusqu’à présent économique », observe Kira Kitsopanidou, professeure à la Sorbonne Nouvelle, spécialisée en économie du cinéma.

La tribune anti-Bolloré divise

Le collectif Zapper Bolloré, à l’origine de la tribune, a mené d’autres actions sur la Croisette. Au cours de la projection de La Sanguine de Marion Le Corroller, jeudi 14 mai, le logo de Canal a été hué. Dans d’autres séances, il a été accueilli par un silence glaçant.

La réponse de la Bollosphère n’aura pas tardé : dimanche 17 mai, le président du directoire de Canal , Maxime Saada, a affirmé qu’il ne travaillerait plus avec les signataires de la tribune. L’annonce de ce boycott a déclenché une onde de choc. Sur France Inter, Gaëtan Bruel, le président du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), a regretté cette décision, estimant qu’elle « pose question sur le plan de la liberté d’expression ».

« Saada aurait très bien pu blacklister les signataires sans le dire. Mais il a choisi de l’annoncer lors du brunch qui réunit à Cannes l’ensemble des producteurs, comme un avertissement », remarque l’un des signataires.

« Saada aurait très bien pu blacklister les signataires sans le dire. Mais il a choisi de l’annoncer lors du brunch qui réunit à Cannes l’ensemble des producteurs, comme un avertissement », remarque........

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