Comment la LPHF s'est éclipsée elle-même
La LPHF possède cette année ce qui pourrait être la meilleure cuvée de son histoire. Pourtant, à quelques jours du repêchage, on parlait davantage de l’ordre de sélection et d’une transaction controversée que de joueuses comme Caroline Harvey, Abbey Murphy, Laila Edwards, Tessa Janecke ou Kirsten Simms.
C’est un peu comme si Apple dévoilait cinq inventions révolutionnaires et que, plutôt que de s’intéresser aux produits eux-mêmes, tout le monde passait son temps à débattre de l’ordre dans lequel ils seront présentés lors de la conférence de presse.
C’est pourtant exactement ce qu’ont vécu les médias et les partisans cette semaine. L’ordre de sélection n’a été dévoilé que lundi vers 17h, au terme d’un processus d’expansion de 20 jours et à peine plus de 48 heures avant le repêchage qui aura lieu mercredi soir à Détroit.
Le plus absurde dans tout ça ?
À 16h lundi, les directeurs généraux ignoraient toujours l’ordre de sélection. Ils ne l’ont appris que quelques minutes avant la publication du communiqué officiel.
Pourtant, les équipes étaient en plein processus d’expansion et devaient prendre des décisions majeures concernant leur alignement. Si vous avez une chance réaliste de repêcher une joueuse comme Laila Edwards au troisième rang, par exemple, cela peut influencer toute votre stratégie, tant sur le plan de la construction de l’équipe que de la gestion de la masse salariale.
Les équipes ont également besoin de temps pour se préparer. Comment les directeurs généraux peuvent-ils prioriser leurs discussions avec les espoirs s’ils ignorent toujours à quel rang ils repêcheront ?
Ajoutons à cela qu’une des grandes beautés d’un repêchage est de spéculer sur les choix à venir. Les simulations de repêchage, ou « mock drafts », alimentent les discussions, génèrent du contenu et créent de l’enthousiasme. Elles permettent aussi aux partisans de découvrir les espoirs et de se familiariser avec ce qui pourrait devenir une cuvée générationnelle.
Au final, au lieu de mettre en valeur ses futures vedettes, la ligue a passé les derniers jours à alimenter une controverse qu’elle avait elle-même le pouvoir d’éviter.
Et la LPHF s’est privée de tout ça par manque de vision.
La LPHF prend-elle ses partisans pour acquis ?
Pour plusieurs de ses décisions, j’arrive généralement à comprendre sa logique en me rappelant qu’il n’y a qu’un seul propriétaire pour les 12 équipes. Si on décide de prendre un entraîneur-chef pour l’envoyer ailleurs, c’est un peu comme si je sortais un billet de 20 $ de ma poche droite pour le mettre dans ma poche gauche.
Et il y a une part de cette mentalité dans ce dossier.
La vice-présidente principale des opérations hockey de la ligue, Jayna Hefford, a expliqué mardi que la priorité avait été de maintenir l’équilibre compétitif une fois les alignements post-expansion complétés. Du point de vue d’un propriétaire unique, la décision se défend.
Selon moi, le problème est qu’on a complètement oublié les partisans dans l’équation.
Avant même de dévoiler l’ordre de sélection, la LPHF a demandé à ses abonnés sur X quelles questions ils souhaitaient poser aux futures joueuses repêchées. Dans une écrasante majorité des réponses, les gens demandaient plutôt l’ordre de sélection.
À ce sujet, la vice-présidente principale des opérations commerciales, Amy Scheer, a affirmé mardi qu’à son avis, les amateurs de la LPHF demeureront des partisans de la ligue, peu importe les joueuses qui porteront les différents uniformes.
Un commentaire qui m’a semblé condescendant, voire arrogant. Comme si les partisans étaient acquis d’avance.
Ce n’est pas parce que la ligue a connu une importante hausse d’assistance dans ses six marchés d’origine après la première expansion que cette croissance est garantie pour toujours. Les partisans veulent s’attacher à des joueuses, à des équipes et à des rivalités. Encore faut-il leur donner les outils pour le........
