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Bien plus que du football : les répercussions de l’attribution de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc

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30.03.2026

La Coupe d’Afrique des Nations, organisée tous les deux ans, se donne toujours pour objectif de mettre en évidence la supposée unité du continent. La dernière édition en date, au Maroc, a eu dans une large mesure l’effet inverse, la finale ayant été entourée de tensions maximales, qui ont nettement dépassé les limites du terrain. Deux mois plus tard, la Confédération africaine de football a décidé de retirer le trophée au Sénégal et de proclamer le Maroc, défait sur le terrain, finalement vainqueur – une mesure tardive qui a encore jeté de l’huile sur le feu, attisant soupçons de corruption, commentaires racistes et renfermement identitaire.

Si la finale de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), disputée entre le Sénégal et le Maroc le 18 janvier 2026, a suscité de vifs débats autour des notions de justice et de corruption dans le football africain, rares étaient ceux qui pouvaient anticiper l’ampleur des fractures politiques et culturelles déclenchées par la décision de la Confédération africaine de football (CAF), le 17 mars, soit deux mois après la rencontre, de retirer le titre au Sénégal pour l’attribuer au Maroc.

Un scandale continental

L’événement a rapidement dépassé le cadre strictement sportif. Depuis cette décision, des informations font état du placement du trophée sous protection militaire au Sénégal. Plusieurs figures majeures du football africain, telles que George Weah – unique lauréat africain du Ballon d’Or et ancien président du Liberia – ou encore Claude Le Roy, ancien sélectionneur du Cameroun, du Ghana et du Sénégal, se sont élevées contre la décision de la CAF. Le gouvernement sénégalais s’est entretenu avec la Fédération sénégalaise de football, exigeant l’ouverture d’une enquête formelle sur cette décision en raison de soupçons de corruption. Parallèlement, les réseaux sociaux se sont trouvés saturés de contenus racistes opposant l’Afrique du Nord........

© The Conversation