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Quand la paix devient suspecte : pourquoi Peter Thiel voit le pape comme l’Antéchrist

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06.08.2026

Dans un essai publié en juillet 2026, le milliardaire états-unien Peter Thiel s’en prend aux aspirations pacificatrices du pape, qu’il associe, sans jamais le nommer, à l’Antéchrist.

Dans un essai publié en juillet 2026, le milliardaire états-unien Peter Thiel s’en prend aux aspirations pacificatrices du pape, qu’il associe, sans jamais le nommer, à l’Antéchrist.

Derrière cette comparaison se cache la dénonciation d’un « ennemi intérieur », qui, au nom de la paix et de l’universalisme, serait en train de trahir l’héritage occidental.

Derrière cette comparaison se cache la dénonciation d’un « ennemi intérieur », qui, au nom de la paix et de l’universalisme, serait en train de trahir l’héritage occidental.

Des conservateurs états-uniens aux droites nationalistes européennes, cette vision contribue à faire de la désignation du « camp du Mal » la principale grille de lecture des conflits contemporains, par-delà la frontière entre guerre et paix.

Des conservateurs états-uniens aux droites nationalistes européennes, cette vision contribue à faire de la désignation du « camp du Mal » la principale grille de lecture des conflits contemporains, par-delà la frontière entre guerre et paix.

Peter Thiel, cofondateur de PayPal et de Palantir, s’est pris de passion pour la figure de l’Antéchrist. Il lui a consacré des conférences à Rome et, avec Sam Wolfe, un essai retentissant, The Pope and the Antichrist, dans lequel l’Antéchrist prend les traits du théologien suisse Hans Küng (1928-2021), coupable d’avoir prêché l’entente entre les religions. Leur essai est paru dans First Things, l’un des grands organes intellectuels de la droite religieuse américaine. Il en a même exposé les thèses à Paris devant l’Académie des sciences morales et politiques.

Mais l’Antéchrist que Thiel scrute a une particularité déconcertante : ce n’est pas un tyran sanguinaire. C’est un pacificateur.

Un Antéchrist qui apporte la paix

Encore faut-il savoir de qui l’on parle. Le terme n’apparaît que dans les épîtres de Jean, et au pluriel : « Beaucoup d’antichrists sont venus », écrit l’auteur. Il précise qu’ils sont sortis de la communauté sans jamais lui avoir appartenu (Première épître de Jean 2, 18-19). Le portrait, lui, se construit ailleurs. Paul annonce un « homme de l’impiété » qui s’installera dans le temple de Dieu pour s’y faire adorer (Deuxième lettre aux Thessaloniciens 2, 3-4). Le Livre de Daniel évoque un roi blasphémateur ; l’Apocalypse, une Bête et un faux prophète. Les Pères de l’Église rassemblent progressivement ces différentes figures en un personnage unique, auquel le moine Adson de Montier-en-Der donnera, vers 950, une biographie complète.

Un détail de vocabulaire éclaire alors tout le reste : en grec, le préfixe « anti- » signifie à la fois « contre » et « à la place de ». L’Antéchrist n’est donc pas l’inverse du Christ, il en est la contrefaçon.

L’idée d’un Antéchrist pacificateur n’est pas neuve non plus. Thiel la puise chez le........

© The Conversation