Attendus partout, recrutés nulle part : quelques réalités sur l’insertion professionnelle des jeunes
On les dit moins impliqués, dans le meilleur des cas. Les jeunes sont accusés de bien des maux dans le monde professionnel. Et si leur comportement révélait surtout une très grande rationalité ? C’est bien connu, on en a toujours pour son argent…
Les sondages, les conférences ou les articles sur la « génération Z », née entre entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, se succèdent et, avec eux, des récits aussi prévisibles que les Lacs du Connemara, de Michel Sardou, dans une soirée de mariage. Les jeunes ne voudraient plus travailler, et 57 % des chefs d’entreprises les jugent moins investis ; 77 % les trouvent moins prêts à répondre au téléphone en dehors des horaires de travail, ou à faire des heures supplémentaires gratuites ( !). Ils sont exigeants et infidèles (53 %). Par ailleurs, les patrons trouvent difficile de proposer des rémunérations que les jeunes jugeraient attractives (56 %). Pourtant, cette jeunesse est « plus innovante » (51 %), « davantage à l’aise avec l’IA » (90 %).
En résumé, ils seraient « incompréhensibles » (70 % des dirigeants peinent à cerner leurs aspirations) et surtout fort « différents des générations précédentes » (86 %).
Les esprits encore plus chagrins trouveront sans mal plusieurs sondages vieux de dix, vingt ou trente ans et racontant la même chanson à quelques nuances près. Pourquoi cette stabilité des stéréotypes, quand 84 % des jeunes disent aimer le travail ou quand 73 % acceptent des tâches hors de leur fiche de poste ? Un indice : 58 % des employeurs reconnaissent ne pas proposer des salaires attractifs et........
