Le cerveau sous le capot : Repenser la mécanique de la maladie d’Alzheimer
La maladie d’Alzheimer est la forme de démence la plus fréquente. Pendant longtemps, les chercheurs ont cru que l’accumulation de protéines toxiques était sa principale cause. Toutefois, de récentes découvertes suggèrent que le problème pourrait avoir une autre origine, notamment dans le système sanguin.
Contrairement à la croyance populaire, la démence ne concerne pas que la mémoire. Imaginez le cerveau comme une voiture. Pour rouler adéquatement, ce système complexe dépend, entre autres, d’un moteur (nos neurones, la pièce centrale) et d’une tuyauterie (notre système vasculaire cérébral) chargée d’acheminer le carburant (l’oxygène et les nutriments) vers ce moteur.
Avec l’âge, cette mécanique s’use. Si les tuyaux s’abîment, la rouille s’installe ou le moteur se brise, ce qui affecte le fonctionnement du véhicule et mène inévitablement à une panne prématurée. Dans la maladie d’Alzheimer, cette rouille se caractérise par l’accumulation de deux protéines toxiques : les plaques d’amyloïdes et les fibres de tau, qui mènent au déclin des capacités cognitives, comme la mémoire.
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Toutefois, plusieurs observations remettent en question le rôle de ces protéines. Il devient alors essentiel de trouver la cause de cette rouille et de comprendre son origine.
L’hypothèse de l’amyloïde
Pendant longtemps, la recherche pharmaceutique s’est concentrée sur l’hypothèse de l’amyloïde, soit une des formes de rouille. Selon cette hypothèse, l’accumulation de protéines bêta-amyloïde dans le cerveau, sous la forme de plaques, serait la cause principale de la démence. Naturellement, la protéine bêta-amyloïde est évacuée par les systèmes sanguin et lymphatique ou est éliminée dans le cerveau par des cellules protectrices (microglies et astrocytes) et des enzymes. Un dysfonctionnement de ces mécanismes de nettoyage, combiné à la production de bêta-amyloïdes, engendrent son accumulation et la formation de plaques. L’exposition prolongée sur des décennies à cette protéine endommagerait les neurones et provoquerait les pertes de mémoire.
Toutefois, deux découvertes majeures ont bousculé cette........
