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Pourquoi l’aviation ne peut pas se décarboner sans renoncer à la croissance

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03.03.2026

L’aviation commerciale transporte cinq milliards de passagers par an, mais demeure l’un des secteurs les plus difficiles à décarboner malgré les promesses climatiques. Pourquoi ? Notre recherche montre que le problème n’est pas seulement technologique, il est avant tout économique et structurel.

L’aviation est prise dans un impératif de croissance qui la pousse à croître en permanence pour survivre. Même si des carburants plus propres sont encouragés, le secteur est poussé à croître plus vite que ses émissions ne peuvent diminuer.

Le piège invisible des infrastructures

Pour comprendre cette dynamique, il faut regarder les infrastructures : avions, aéroports, pistes et autres infrastructures. Massifs et coûteux, ces actifs sont conçus pour durer des décennies — parfois un siècle —, ont été financés avec des instruments de dette à long terme et doivent être utilisés intensivement pour être rentables, créant une pression permanente à transporter toujours plus de passagers.

Notre analyse identifie quatre mécanismes qui obligent ces infrastructures à générer en permanence des revenus et à consommer ressources et énergie.

1. La contrainte de rendement financier.

Les avions doivent atteindre un taux de remplissage minimal pour couvrir leurs coûts fixes. Or, la déréglementation du secteur aérien a fait chuter le rendement par passager — de 12,5 cents US par passager-kilomètre en 1970 à moins de la moitié en 2001 — faisant grimper le seuil de remplissage des avions pour atteindre la rentabilité aux États-Unis de 57 % en 1971 à près de 95 % en 2021. Les aéroports doivent aussi utiliser leurs nouvelles capacités presque au maximum pour rentabiliser l’investissement, en augmentant le trafic, les créneaux de décollage et les revenus commerciaux et de stationnement.

2. La pression d’expansion

Sous concurrence et face à la hausse du trafic, les........

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