Le Groupe Wagner n'est pas mort: il organise désormais des sabotages en Europe
Le Groupe Wagner n'est pas mort: il organise désormais des sabotages en Europe
Thomas Messias – 18 février 2026 à 7h55
Pour déstabiliser les pays de l'OTAN et faire flancher les soutiens de l'Ukraine, le groupe paramilitaire russe embauche même sur les réseaux sociaux.
Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur The Financial Times
Fondé en 2014 par l'oligarque russe Evgueni Prigojine, proche de Vladimir Poutine, le Groupe Wagner se présentait initialement comme une société militaire privée composée de mercenaires, avant d'étendre son activité pour se lancer dans l'exploitation de ressources naturelles, notamment sur le continent africain. La mort d'Evgueni Prigojine en août 2023, dans un accident d'avion, a contribué à la fragilisation du groupe armé, dont le statut est devenu de plus en plus opaque.
Le groupe tel qu'il existait à son apogée n'existe plus vraiment comme structure unifiée, mais son héritage perdure sous d'autres formes, même s'il n'est officiellement pas dissous. Le noyau de l'organisation a été démantelé ou intégré à d'autres structures liées à l'État russe, notamment au ministère de la Défense et à de nouveaux dispositifs comme l'Africa Corps en Afrique.
On parlera ici de «Groupe Wagner» pour désigner les réseaux de mercenaires russes fragmentés, successeurs contrôlés plus directement par Moscou de l'entreprise paramilitaire autonome puissante qui existait jusqu'en 2023.
Le Financial Times apporte des nouvelles fraîches de l'entité paramilitaire: selon des responsables des services de renseignement occidentaux, des recruteurs et des propagandistes ayant travaillé pour le Groupe Wagner sont devenus un vecteur essentiel des attaques de sabotage organisées par le Kremlin en Europe.
Les recruteurs du groupe, spécialisés dans l'enrôlement de jeunes hommes issus des zones rurales russes pour combattre en Ukraine, auraient récemment reçu une nouvelle mission: recruter des Européens à la situation économique fragile et leur demander de commettre des actes de violence sur le sol de l'OTAN. «Le GRU, le service de renseignement militaire russe, utilise les talents à sa disposition», résume un responsable des services de renseignement occidentaux, en faisant référence au réseau Wagner.
Ces deux dernières années, Moscou a intensifié ses campagnes de déstabilisation et de sabotage à travers l'Europe, avec pour objectif de faire douter les puissances occidentales du bien-fondé de leur soutien à l'Ukraine dans la guerre qui l'oppose à la Russie. Incendies criminels perpétrés sur des voitures de personnalités politiques et d'entrepôts contenant du matériel destiné à aider l'Ukraine, infiltration de réseaux de propagande nazie: le catalogue proposé par le Groupe Wagner est d'une richesse sidérante.
Pour se tenir à distance et garder les mains propres, les services de renseignement russes cherchent généralement à intercaler au moins deux intermédiaires entre eux et les agents qu'ils souhaitent recruter, explique une source européenne restée anonyme. «Ils veulent toujours pouvoir nier toute implication.»
Le Financial Times cite l'exemple de Dylan Earl, petit délinquant britannique âgé de 21 ans. Recruté par le Groupe Wagner sur les réseaux sociaux, il a lui-même incité quatre jeunes hommes à rejoindre le groupe. En 2025, arrêté après avoir incendié un entrepôt à Londres en mars 2024, il a été condamné à vingt-trois ans de prison. «La main invisible d'Internet a porté ses fruits, car des recruteurs anonymes […] ont trouvé au Royaume-Uni de jeunes hommes prêts à se radicaliser et à trahir leur pays pour un gain facile», a conclu la juge Cheema-Grubb au moment d'annoncer la sentence.
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