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La folle histoire des castrats, chanteurs hors pair(es)

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04.10.2026

La folle histoire des castrats, chanteurs hors pair(es)

Popstars de l'Ancien Régime, les castrats sont adulés à travers l'Europe des XVIIe et XVIIIe siècles. Mais pour sublimer leur plus précieux attribut, ils doivent faire le sacrifice d'un autre…

Temps de lecture: 3 minutes

4 octobre 2026 à 9h55 – Édité par Manon Michel

On dirait la voix d'un ange. Lorsqu'il monte à travers la nef, chatouillant le cuivre de l'orgue, rebondissant en écho sur les voûtes, le chant du castrat produit une harmonie cristalline, taillée pour la célébration du divin. À l'église Santa Maria della Pace de Brescia, en ce printemps 1712, on joue le Stabat Mater de Vivaldi, composé pour l'occasion. Devant le parterre de fidèles, un castrat en solo fait vibrer son bel organe pour célébrer le Carême. Mais cette voix lumineuse porte le deuil, hélas, d'un autre organe.

Dès les années 1550 en Italie, les premiers chœurs de castrats (castrati) se répandent dans les églises de culte catholique. Conquis, les spectateurs en redemandent. En quelques décennies, les chanteurs vont s'éloigner des églises pour se produire sur les scènes les plus prisées, de Vienne à Paris en passant par Rome et Londres.

Si l'Occident s'enflamme pour la «troisième voix», elle ignore qu'il s'agit en fait d'une importation ottomane: en Orient, cela fait plusieurs siècles que les eunuques, gardiens des sérails, sont châtrés. Cela aura permis, bien involontairement, d'admirer leur timbre prodigieux.

Délivrez-nous du mâle

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