Si nous sommes paresseux, ce n'est pas toujours une question d'aversion à l'effort
Si nous sommes paresseux, ce n'est pas toujours une question d'aversion à l'effort
Nathalie André – 25 mars 2026 à 19h55
Sauf en cas de pathologie, ce n'est pas l'effort en lui-même que les individus évitent, mais l'effort gaspillé, celui qui ne mène à rien ou dont les bénéfices ne justifient pas un investissement.
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Depuis des décennies, la psychologie et les neurosciences invitent à considérer que, si les humains et les animaux cherchent naturellement à faire le moins d'efforts possible, c'est parce que faire des efforts serait désagréable.
Envisageons ici une autre interprétation: ce n'est pas l'effort en lui-même que les individus évitent, mais l'effort gaspillé, celui qui ne mène à rien ou dont les bénéfices ne justifient pas l'investissement. Cette vision, nous l'exposons dans un article coécrit avec Roy Baumeister de l'université Harvard, Guido Gendolla de l'université de Genève et Michel Audiffren de l'université de Poitiers et à paraître en avril 2026 dans la revue Neuroscience & Biobehavioral Reviews. Explications.
Deux axes d'étude consacrés à l'effort
Pour étayer notre thèse, nous avons réalisé une synthèse critique de la littérature scientifique selon deux axes principaux. Le premier s'est intéressé au développement de l'enfant. Nous nous sommes dit que, si l'effort était intrinsèquement désagréable, ce rejet de l'effort devrait s'observer très tôt au cours du développement.
Les nourrissons et jeunes enfants ne manifestent aucune aversion spontanée........
