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La rentrée littéraire, une aberration et une mascarade à la fois

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10.09.2026

La rentrée littéraire, une aberration et une mascarade à la fois

[BLOG You Will Never Hate Alone] Avec 344 romans parus ou à paraître, la rentrée littéraire ressemble à un théâtre de l'absurde où les cadavres de livres jamais lus se comptent par dizaines.

Temps de lecture: 3 minutes

Par Laurent Sagalovitsch

10 septembre 2026 à 19h55

Évidemment, dans l'absolu, tout le monde se moque de la rentrée littéraire. Hormis pour un cénacle par ailleurs de plus en plus restreint, elle constitue la quintessence même d'un non-événement. Elle a pourtant encore bonne presse; ici et là, et même sur ce site, elle occupe une place non négligeable, articles conséquents où quelques critiques plus ou moins chevronnés s'en vont nous confier leurs coups de cœur et autres préférences.

En soi, la rentrée littéraire est une sorte de folie, de gigantesque pantalonnade où paraît en même temps un nombre invraisemblable de livres dont l'immense majorité s'en ira mourir de sa belle mort, au fond d'une décharge ou bien dans l'anonymat de casiers remplis de romans vendus un euro pièce. Un carnage, un massacre, une mascarade en bande organisée qui verra des dizaines et des dizaines d'auteurs, d'écrivaines être jetées en pâture dans le vague espoir que leur livre suscite l'intérêt, la curiosité, l'enthousiasme, vœux destinés à rester lettre morte tant la concurrence est rude et les acheteurs rares.

Ce nombre de parutions n'a pas de sens. Il est métaphysiquement impossible que tous les livres publiés puissent prétendre à être des œuvres........

© Slate