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Les futurs maires face au risque de disette budgétaire

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15.03.2026

Politique économique — Analyse

Les futurs maires face au risque de disette budgétaire

Après un mandat marqué par l’inflation, les maires se retrouvent de plus en plus démunis pour y voir clair dans leur budget et répondre aux enjeux en matière de services publics. Le fait que leurs finances soient mises en coupe réglée par l’État n’aide pas. 

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LesLes maires qui l’emporteront lors des élections de ce mois de mars vont aborder leur mandat dans le flou financier le plus total. « On navigue à vue », résume Emma Chenillat, conseillère finances locales à l’Association des petites villes de France (APVF).

Certes, les dernières études sur la santé financière des communes se montrent plutôt rassurantes. Celle publiée fin février par le député macroniste Jean-René Cazeneuve fait état de dépenses dédiées aux investissements en hausse de 24 % entre 2019 et 2025, à plus de 55 milliards d’euros, « clôturant un cycle d’équipement très soutenu ».

Sa note ajoute qu’en 2025, les principaux indicateurs financiers du bloc communal restent dans le vert. Il cite la capacité d’autofinancement, en hausse de 15 % en 2025 par rapport à 2019, à près de 22 milliards d’euros, ainsi que la trésorerie, qui « reste confortable à 37 milliards d’euros », en hausse de 10 % par rapport à 2019.

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Bref, « on n’est pas du tout à l’os », a assuré aux Échos Jean-René Cazeneuve, non sans arrière-pensées : ancien rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, il milite pour que les collectivités locales soient davantage mises à contribution pour réduire le déficit public. 

Ses chiffres corroborent les prévisions de la note de conjoncture pour les finances locales de la Banque postale publiée en septembre 2025, qui fait référence. En revanche, les auteurs de cette note ne tiraient pas les mêmes conclusions que Jean-René Cazeneuve. « Tout optimisme serait illusoire », ont-ils écrit.

En effet, la bonne santé financière des communes est en trompe-l’œil. D’abord parce que le mandat qui vient de s’écouler a été des plus étranges, marqué par l’après-covid et la hausse des prix, notamment de l’énergie et des matériaux de construction, gonflant les dépenses des collectivités. « Le coût de la vie pour une mairie a nettement augmenté », résume Bertrand Hauchecorne, maire de Mareau-aux-Prés (Loiret), qui a choisi de ne pas se représenter.

Que ce soit pour les achats ou les marchés publics, « les prix proposés par les entreprises lors des années 2021, 2022 et 2023 étaient beaucoup plus élevés qu’à l’accoutumée. Résultat, on a eu des dépenses imprévues qui ont impacté fortement nos budgets », ajoute-t-il. 

Les communes ont bénéficié en contrepartie de la hausse des bases locatives de la taxe foncière, elles-mêmes indexées sur l’inflation. En 2023 et en 2024, elles ont notamment été rehaussées de 7,1 % puis 3,9 %, ce qui a donné un peu d’air aux finances des mairies.

Les maires ont aussi joué sur le taux de l’impôt foncier, « pour dégager l’autofinancement suffisant et lancer les investissements », concède Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine) et spécialiste des finances locales à l’Association des maires de France.

Pour bien comprendre ce raisonnement, rappelons un principe de base : les collectivités locales sont tenues chaque année de présenter un budget de fonctionnement à l’équilibre ou en excédent. Cela veut dire que leurs dépenses de........

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