Fin de vie : "Canicule, hôpital en ruines, place des anciens et du handicap : tout est lié"
« Liz n’a pas pu venir. » Le 23 juin, à deux pas de l’Assemblée nationale, se tenait un rassemblement des Éligibles, défendant les droits des personnes handicapées, contre l’aide à mourir. L’oratrice principale devait être l’actrice britannique Liz Carr, réalisatrice du documentaire Better Off Dead? (« Mieux vaut mourir ? »), produit par la BBC, qui exprime l’angoisse des personnes handicapées devant une telle loi. Hélas, la canicule a eu raison de sa détermination. Atteinte d’une maladie neuromusculaire depuis l’enfance, se déplaçant en fauteuil roulant, Liz Carr n’a pas pu prendre l’Eurostar, traverser La Manche et affronter un Paris torride.
Comme elles, la chaleur a empêché plusieurs personnes handicapées de manifester leur opposition à la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir, soumise au vote ce 30 juin. Certaines essaieront malgré tout de se rendre au rassemblement convoqué dans la journée aux Invalides par le Front de gauche antivalidiste, bravant une double torpeur : celle du climat, et celle de la gauche, réputée unanimement favorable à ce texte.
Que l’aide à mourir soit votée dans une telle urgence sanitaire ne devrait étonner personne. C’est en plein Covid, le 8 avril 2021, que le premier article d’une proposition de loi sur « une fin de vie libre et choisie », déjà soutenue par Olivier Falorni, a été adopté par l’Assemblée nationale. Un député qui avait approuvé ce texte, puis s’en était repenti, m’avait confié son intention de permettre aux soignants de faire « partir » plus vite les victimes de la pandémie, « surtout dans les Ehpad ».
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