Omar Youssef Souleimane : "Pourquoi, en tant que franco-syrien, je soutiens la loi Yadan"
Depuis toujours, en Syrie, on ne prononce pas le mot « Israël ». On dit « l'État sioniste », « l'entité ennemie ». Aujourd'hui, cette négation a même trouvé un code : on l'appelle « le bleu », en référence à la couleur de son drapeau. Comme si même la couleur suffisait à désigner l'ennemi sans avoir à prononcer son nom. Cette rhétorique, je l'ai crue enfant, comme on croit ce qu'on vous enseigne avant d'avoir appris à penser par soi-même. Tous les matins, on répétait « Mort à Israël », sans savoir où ce pays était situé sur la carte. On pouvait être communiste, islamiste, en désaccord sur la politique du régime, sur la situation économique, mais jamais sur un fait : l'ensemble du territoire juif ne doit jamais exister.
C'est ainsi qu'au sein même de ma famille, à Damas, on était biberonné à cette haine, abreuvé de l'idée de jeter Israël à la mer. Et c'était déjà de l'antisémitisme. Détruire l'État hébreu, dont 75 % des habitants sont juifs, était un projet nationaliste arabe syrien, pour lequel le régime d'Assad faisait payer sa population afin d'alimenter son armée. Il en avait besoin, comme tous les dictateurs, de cet ennemi, pour justifier les malheurs dans lesquels le peuple syrien était plongé. Cela n'a mené qu'à plus de sang, de pauvreté et de violence.
Des slogans qui parlent de la disparition d'un État
Aujourd'hui, ce projet a pris une couleur islamiste. Au cœur de la capitale, des défilés appellent au djihad pour libérer Jérusalem des juifs. Je........
