Le gaullo-mitterandisme est-il mort ? "Depuis 2003, la France s’est affaiblie"
« La France est en train de rater le coche de l’histoire. » En dénonçant les frappes israélo-américaines, Dominique de Villepin se place pour rejouer la partition du gaulliste – terme qu’il revendique pour se définir – fustigeant les interventions américaines. Dimanche 8 mars, il estime qu’en Europe, « c’est Pedro Sanchez [le Premier ministre espagnol] qui sauve l’honneur ». Entendre, qui ose tenir tête aux Américains, comme il l'avait fait en 2003 devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.
De fait, la comparaison entre les deux séquences interroge. Sur la demande de Jacques Chirac, l’alors ministre des Affaires étrangères s’était rendu à New York pour dénoncer « l'usage de la force » et poser la France en défenseuse du « temple des Nations Unies » et du droit international. Aujourd’hui, Paris peine à savoir sur quel pied danser. En réaction à l’intervention américaine au Venezuela, en janvier, Emmanuel Macron s’est dans un premier temps réjoui d’être « débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro », avant de regretter, quelques jours plus tard, « la méthode employée ».
