François Kraus : "Les municipales témoignent d'une archipélisation électorale totale"
Marianne : Sensation de 2020, les Écologistes ont fortement reculé. Comment l’expliquer ?
François Kraus : Il y a d'abord un déficit de légitimité démocratique. En pleine crise sanitaire, leur performance reposait sur l'abstention d’un ensemble de publics qui ne leur sont pas favorables, comme les personnes âgées ou plutôt aisées. Ensuite, les électeurs n'aiment pas trop que l'idéologie pèse dans les choix de la gestion des affaires locales. Ils sont dans une logique de pragmatisme et de localisme. Les enjeux de type environnementaux – transition énergétique, mobilité douce – ont été souvent perçus comme imposés par haut, avec une vision très idéologisée des choix politiques. Cela a engendré un mécontentement, en particulier sur les choix de mobilité, de transport, de circulation, etc.
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Enfin, il y a eu aussi un green-bashing assez général, activé notamment par la presse et la droite, qui ont rebondi sur un ensemble de sorties des Écologistes, pas toujours judicieuses, qui montraient souvent leur décalage par rapport au reste des Français. C’était le cas sur le Tour de France ou sur les sapins de Noël. Dans les sondages, la quasi-totalité des villes gérées par des écologistes avait des niveaux de satisfaction beaucoup plus faibles que dans les autres communes françaises.
À l’inverse, LFI s’est-elle imposée comme une nouvelle force locale ?
Ils ont très rarement dépassé les 20 % dans les centres-villes des grandes métropoles, qui permettent de juger l'implantation réelle des partis. Et l'essentiel de leur victoire se situe dans des banlieues populaires, qui cumulent forte pauvreté et forte population d'origine immigrée. C’est le cœur de la « nouvelle France », qui constitue la priorité électorale de la France insoumise. C'est une stratégie qui a quand même porté ses fruits, puisque la formation de Jean-Luc Mélenchon est passée de deux mairies à près d'une petite dizaine, dont deux villes de plus de 100 000 habitants, Saint-Denis et Roubaix. Mais ce sont des villes qui étaient déjà très largement favorables au mélenchonisme, au regard des scores enregistrés en 2020, en 2022 ou en 2024.
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Mais là où cette stratégie........
