Bernard Petit : "En termes de corruption face à la drogue, en France, il semble bien que la situation s’aggrave"
Marianne : Pourquoi l’Europe apparaît-elle comme un maillon faible du narcotrafic ? Entre vulnérabilité des grands ports, hétérogénéité des législations et coordination policière incomplète, quels sont les facteurs structurels qui rendent le continent particulièrement perméable ?
Bernard Petit : L’Europe n’est pas, à proprement parler, un maillon faible. L’histoire est la suivante : dans les années 2000 aux États-Unis, le marché de la cocaïne était sur le point d’atteindre ses limites. Les cartels ont alors cherché à conquérir de nouveaux marchés. Ces organisations ont rapidement jeté leur dévolu sur le Vieux Continent, qui dispose d’atouts majeurs à leurs yeux, et notamment des infrastructures indispensables à un trafic transcontinental de très grande envergure comme le leur : aéroports et ports, densité du réseau routier, système bancaire développé, moyens de communication modernes, et, ce qui n’est pas rien, une monnaie unique et cotée à l’international.
