Cybersécurité: vous croyez être protégés, mais vous avez probablement tort
EXPERT INVITÉ. Dans un monde de tensions géopolitiques permanentes, la cybersécurité n’est plus seulement une question secondaire. C’est une question de survie opérationnelle. Et la plupart des organisations ne sont pas prêtes.
Certaines intrusions non détectées durent depuis des années. Commençons par les faits. Selon le «New York Times», l’opération Salt Typhoon, attribuée à des acteurs étatiques chinois, a compromis les infrastructures de télécommunications américaines (et canadiennes) pendant des mois. Des communications gouvernementales, des appels commerciaux, des données sur des millions de citoyens ont été écoutés ou enregistrés en temps réel. Le journal titrait sans détour: «Des cyberattaquants chinois ‘sans retenue’ auraient pu voler les données de presque tous les Américains».
Ce n’était pas un groupe de pirates informatiques en capuchon dans un sous-sol. C’était une opération d’État. Patiente. Méthodique. Invisible.
Et le Canada?Selon CBC/Radio-Canada, des pirates informatiques liés à Pékin ont «presque certainement» ciblé le Canada dans le cadre de cette même opération. Pas une probabilité. Une quasi-certitude, selon les propres mots des autorités.
Ajoutez à cela la brèche Cisco révélée en février 2026. Le Centre canadien pour la cybersécurité a émis une alerte sur une vulnérabilité critique touchant les équipements Cisco Catalyst SD-WAN. Verdict: la faille était exploitée depuis 2023. Trois ans. En silence. Dans des réseaux d’organisations qui se croyaient protégées.
Trois ans et personne n’a cherché au bon endroit. Ce n’est pas une question de compétence. C’est une question de paradigme. On cherche les intrus à la porte d’entrée. Ils sont déjà dans la cave.
La cyberguerre n’est pas une métaphore
Nous sommes entrés dans une ère nouvelle. Les États ne se font plus seulement la guerre avec des bombes et des soldats. Ils se la font avec des paquets IP, des processus dormants et des accès préinstallés.
Regardez ce qui s’est passé au Venezuela. Des années avant toute crise ouverte, des acteurs étatiques avaient déjà pénétré les infrastructures de communication du pays. Quand la crise politique a éclaté, les communications ont été coupées chirurgicalement. Pas une panne. Une décision.........
