Canada–UE: commercer ensemble ne suffit plus
Un texte de Brigitte Alepin, professeure en fiscalité à l’Université du Québec en Outaouais.
EXPERTE INVITÉE. Strasbourg — « Nous voulons élever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible. »
Ursula von der Leyen est allée loin ce matin. En présence de Mark Carney, la présidente de la Commission européenne a proposé que le Canada puisse devenir le premier «membre associé» de l’Union européenne (UE). Ses propos ont été chaudement applaudis.
Il arrive que l’on se demande, en assistant à un moment politique, si l’on n’est pas témoin d’un petit pan d’histoire. C’était un peu l’impression ce matin à Strasbourg.
La proposition s’inscrit dans une réflexion beaucoup plus vaste sur la fracture du système international fondé sur des règles. Dans ce nouveau monde, a expliqué von der Leyen, l’Europe doit «réinventer [ses] partenariats» et former de nouvelles coalitions pour renforcer sa résilience et ses démocraties.
C’est dans cette logique qu’elle propose de passer de l’AECG à « une alliance pour l’avenir ».
Une question se pose alors: jusqu’où le Canada et l’Europe sont-ils prêts à aller ensemble?
Bien plus que du commerce
Depuis l’entrée en application de l’Accord économique et commercial global (AECG) en 2017, les droits de douane ont pratiquement disparu. Von der Leyen a rappelé ce matin que les échanges de biens avaient augmenté de 75 % en moins d’une décennie.
Mais elle a surtout précisé ce que pourrait contenir la prochaine étape: « un espace commun de prospérité et de sécurité économique ».
Le programme est vaste : fabrication intelligente, alliance technologique, intégration des bases industrielles de........
