La confiance est plus rentable que la surveillance
EXPERT INVITÉ. La semaine dernière, un entrepreneur m’a confié avoir fait installer un logiciel de surveillance pour être certain que ses employés travaillent malgré le télétravail. Je dois l’avouer, ça m’a un peu surpris car je n’ai jamais vraiment compris l’obsession de certains dirigeants pour le contrôle. Pas le contrôle stratégique, celui-là est essentiel. Je parle de cette fascination étrange pour les détails insignifiants. Le point vert sur Teams. Les frappes au clavier. Les mouvements de souris. Le temps passé devant un écran.
Comme si la contribution d’un être humain pouvait réellement se mesurer à son niveau d’activité numérique.
Le plus ironique? Cette obsession explose exactement au moment où les mêmes organisations répètent vouloir plus d’innovation, plus d’autonomie et plus d’initiatives. Chaque semaine, une nouvelle plateforme promet aux gestionnaires une visibilité totale sur ce que font leurs équipes. On nous vend l’idée qu’un meilleur leadership passe par davantage de données et davantage de surveillance.
Je crois exactement le contraire.
Parce qu’à force de vouloir tout mesurer, plusieurs organisations sont en train de détruire la seule chose qui permet aux équipes exceptionnelles d’exister : la confiance.
Ce que j’ai appris chez Connect&GO à mes dépens
Je vais être honnête: moi aussi, j’ai eu peur.
Quand le télétravail est devenu la norme, j’avais cette inquiétude sourde que certains en abusent. Que la performance glisse. Que sans la présence physique, les standards finissent par s’effriter.
À chaque fois que je soulevais la question, Ariane, notre vice-présidente Culture, me ramenait au même endroit avec une patience que je ne méritais pas toujours.
«Dominic, si on livre tous les objectifs, qu’est-ce que ça change?»
Cette phrase m’énervait presque. Pas parce qu’elle avait tort. Parce qu’elle avait raison.
Chaque fois, je cherchais un argument. Chaque fois, je revenais au même constat: je n’en avais pas.
Parce qu’au fond, mon inconfort n’était pas lié à la performance. Il était lié à la visibilité. Je voulais savoir. Je voulais voir. Je voulais sentir que j’avais le contrôle. Et c’est exactement là que plusieurs dirigeants se piègent eux-mêmes… Moi........
