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Grands projets numériques: et si le problème était le silence des procès-verbaux?

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⌛️ Temps de lecture: 7 minutes

EXPERT INVITÉ. Le rapport Gallant sur SAAQclic a fait couler beaucoup d’encre sur les dépassements de coûts et les informations erronées transmises au gouvernement. Mais il contient une leçon de gouvernance plus silencieuse, moins médiatisée, et pourtant universelle: les grands projets numériques durent plus longtemps que la mémoire des conseils qui les supervisent.

C’est cette tension – entre la durée incompressible des transformations numériques et la nature cyclique de la gouvernance – que tout conseil d’administration engagé dans une transformation majeure doit apprendre à reconnaître, et à corriger.

La nature particulière des grands projets numériques 

Un grand projet de transformation numérique n’est pas un projet comme les autres. Il s’étend sur des années, parfois une décennie, traverse plusieurs cycles budgétaires, plusieurs compositions de conseil, plusieurs directions générales. Et il évolue: les paramètres du départ ne sont jamais ceux de l’arrivée.

Cette réalité crée une asymétrie structurelle. La direction accumule un savoir dense, continu, incarné. Le conseil, lui, reçoit des fragments – présentés, filtrés, reformulés selon les besoins du moment. Ce déséquilibre n’est pas toujours malveillant. Mais il est systémique. Et il s’aggrave à chaque renouvellement autour de la table.

La SAAQ en offre l’illustration la plus documentée. Entre 2014 et 2023, le conseil a connu un renouvellement important de ses membres – un rythme qui, même normal en apparence, suffit à effacer la mémoire collective d’un projet de cette envergure. Le rapport Gallant note que cette réalité rendait «difficile d’assurer le relais de la connaissance de l’entièreté du dossier» au point où la présidence risquait de s’en remettre à la direction pour expliquer l’historique au ministre.

Ce que la SAAQ a vécu, d’autres organisations québécoises le vivent aujourd’hui. La Commission de la construction du Québec, Santé Québec, et bien d’autres font face à cette même réalité. Ce n’est pas une série de malchances. C’est un........

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