La barbe de Marx!
Flânant l’autre jour dans les travées d’une librairie, farfouillant dans les piles, les déplaçant, je tombai sur une publication aux dimensions modestes: Promenade sur Marx. Du côté des héroïnes. Paru en 2020 déjà, l’opuscule signé Valérie Lefebvre-Faucher nous avait jusque-là échappé – un sort bien malheureux pour un essai traitant d’invisibilisation…
Hégémonique dans les mouvements d’émancipation du XXe siècle, la figure tutélaire de Marx constitue un fétiche pour beaucoup; sa massivité écrasante peut, cependant, également rebuter. La barbe! clament certains. Cette barbe justement – de belle taille – ne cacherait-elle pas tout une communauté – une communauté féminine qui plus est? Poussons la porte du clan Marx pour le découvrir!
Si Marx est d’ascendance bourgeoise, Jenny von Westphalen, son épouse, naît, elle, dans une famille de l’aristocratie saxonne. Elle quittera l’aisance de son destin pour se vouer à la révolution. Eprouvée par des exils successifs, la misère, la perte de quatre enfants en bas âge, elle se consacrera malgré tout corps et âme à l’action de son mari non pas seulement en l’aimant ou en le soignant, mais comme recherchiste, traductrice, éditrice et négociatrice.
Née dans une famille de paysans, placée – adolescente – au service de la famille von Westphalen, Helene Demuth (dite Lenchen) deviendra la gouvernante de Jenny. Elle restera aux côtés des Marx jusque dans le tombeau familial. En plus de tenir maison, elle aussi a aidé au travail éditorial de........
