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Kevin Rudd : « Faire plier Pékin ? Aucun espoir ! »

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05.08.2026

« Je ne vous aime pas non plus. Et je ne vous aimerai sans doute jamais. » Octobre 2025, à la Maison-Blanche. Devant les caméras du monde entier, Donald Trump se paie Kevin Rudd, coupable de l’avoir critiqué par le passé. Une humiliation publique qui rappelle celle infligée à Volodymyr Zelensky quelques mois plus tôt. Mais l’Australien en a vu d’autres. Premier ministre de 2007 à 2010, puis brièvement en 2013, ambassadeur à Washington ensuite, il est, dans son pays, l’un des diplomates les plus rompus à l’exercice.

En poste aux États-Unis, il a négocié des accords stratégiques entre Washington et Canberra, notamment sur les terres rares. Désormais à la tête de l’Asia Society, think tank de référence sur l’Asie – qui a tenu début juillet à Paris un sommet remarqué –, ce sinologue reconnu décrypte pour Le Point les ambitions d’une Chine qui cache de moins en moins son jeu.

Le Point : Lors de nos derniers reportages en Chine, nous avons vu un pays qui exige d’être traité en égal de l’Amérique. Pékin ne surestime-t-il pas sa puissance ?

Kevin Rudd : Les Chinois emploient le concept de « relation stratégique constructive et stable » comme cadre pour l’avenir des relations sino-américaines. Cela traduit une forme de confiance nationale. Ce cadre repose sur des lignes rouges stratégiques, des domaines de compétition encadrée et des domaines de coopération, le tout piloté au niveau des dirigeants. Lorsque les États-Unis ont indiqué, après la visite de Donald Trump en Chine en mai dernier, avoir accepté ce cadre, les élites chinoises en ont conclu que leur pays avait atteint l’égalité stratégique, sinon la parité, avec les États-Unis. Un constat qui ne s’imposait pas avant la visite…

La vraie question est : dans les faits, et pas seulement dans la perception chinoise, la Chine est-elle l’égale des États-Unis ? L’équation est complexe. Les Chinois mesurent leur force à l’aune de la « puissance nationale globale », un concept qui englobe toutes les catégories de puissance, d’influence et de ressources. Or, selon ce calcul, les États-Unis restent objectivement devant la Chine dans de très nombreux domaines. Les Chinois sont-ils en avance dans certains ? Oui : la robotique, les énergies renouvelables, certaines applications des modèles d’IA dans l’économie réelle. Mais la liste des catégories où l’Amérique garde la tête est longue. L’assurance actuelle de Pékin montre qu’il existe une différence entre la perception de soi et la réalité objective.

Les purges s’enchaînent au sommet de l’armée. Faut-il y voir une faiblesse de Xi Jinping ?

Il est risqué, aux États-Unis et en Occident, d’interpréter les purges au sommet de l’APL [Armée populaire de libération, NDLR] comme un signe de faiblesse plutôt que de........

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