L’affaire Sapin à France Inter : les 2 min 30 de trop
Dès sa conception, la Maison de la radio devait suivre la consigne : tenir le fracas du monde à distance. Le terrain fut choisi pour qu’aucune rame de métro ne passe sous le bâtiment et, lorsque Henry Bernard la dessine au milieu des années 1950, il imagine un anneau protégeant les studios – les micros au centre, les bureaux autour –, histoire que les vibrations venues de la ville meurent dans l’épaisseur de la couronne avant d’atteindre l’antenne. Soixante-trois ans plus tard, ce n’est plus le métro qui pose problème.
Il s’appelle Charles Sapin. Ancien valeureux journaliste politique au Point, désormais directeur adjoint de Valeurs actuelles, il devait livrer chaque dimanche matin sur France Inter un éditorial politique de 2 min 30. Deux petites chroniques et puis s’en va : une première grève les 13 et 14 septembre, une autre votée pour le 21, avant que la direction ne tente de lâcher du lest en proposant de remplacer l’édito par un débat. Sapin refusera, fin de l’intrusion.
Un pluralisme décoratif
Les syndicats, comme d’autres, ont leurs raisons : les condamnations judiciaires de Valeurs actuelles, une ligne jugée incompatible avec les « valeurs humanistes, démocratiques et républicaines » du service public et, dans la pétition contre Sapin, cette idée qu’il existerait des « limites........
