Léon XIV et l’IA : la guerre des mondes
Sa présence n’est pas passée inaperçue. Aux côtés du pape, qui présentait lui-même - c’est une première dans l’histoire - son encyclique Magnifica humanitas consacrée à l’IA, se tenait un autre ponte, mais de la Silicon Valley celui-ci, cofondateur d’Anthropic - la société qui a créé le logiciel Claude : Christopher Olah.
C’est que Léon XIV, premier pape né après 1945, à Chicago, au milieu du grand boom consumériste des années cinquante, titulaire d’une maîtrise de mathématiques, s’intéresse de très près depuis longtemps à ce nouveau monde et aux bouleversements que celui-ci engendre.
Le pape des révolutions technologiques
« Le pape n’est pas un geek au sens premier, mais il a une vraie familiarité avec les technologies, cela a été très clair dès ses premières prises de parole », observait auprès de nous il y a quelques semaines le frère dominicain Eric Salobir, qui a l’oreille des grands patrons de la Silicon Valley et organisait, début octobre, comme il le fait chaque année, une rencontre de plusieurs d’entre eux avec les responsables du Vatican, réunion dans un huis clos absolu, d’où il ne filtre rien - ni sur les noms des participants, ni sur la teneur des échanges.
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Si Léon XIV s’appelle ainsi, c’est justement en réaction à l’expansion vertigineuse de l’IA. Par référence au pape Léon XIII, qui à la fin du XIXe siècle établit la doctrine sociale de l’Église sur la condition ouvrière. Celui-ci fut le pape de la révolution industrielle, son lointain successeur est celui de la révolution numérique. Au XXIe siècle, comme au XIXe siècle, il ne s’agit pas de s’opposer frontalement à un - inévitable - progrès technique, mais d’en canaliser les effets. « Léon XIII ne fut pas le pape de la machine, mais celui du changement de paradigme social que celle-ci produit, précise Eric Salobir. Il développe une réflexion sociale, politique afin de replacer l’humain au centre d’une révolution. L’Eglise se pose en garde-fou des plus vulnérables ».
Dans les pas de Léon XIII
Plus de cent ans après, Léon XIV affirme la nécessité de « répondre à une autre révolution industrielle et aux développements de l’intelligence artificielle, qui posent de nouveaux défis pour la défense de la dignité humaine, de la justice et du travail ». Il le fait dès le lendemain de son élection, devant le collège des cardinaux, en particulier les Africains, inquiets du pillage des minerais sur leur continent pour servir ces nouvelles industries.
Le défi auquel nous sommes actuellement confrontés n’est pas technologique, mais anthropologiqueLéon XIV, le 21 mai
Le défi auquel nous sommes........© Le Point
