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La CAQ dangereusement fragmentée

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tuesday

Cette course à la direction de la Coalition Avenir Québec (CAQ) devait être une transition. Elle est devenue un révélateur qui n’est pas rassurant.

Même à la veille du vote, les appuis continuent de s’additionner. Comme si rien n’était joué. Comme si chaque camp cherchait encore à influencer les indécis, à créer un dernier mouvement, à installer l’idée qu’aucune victoire n’est acquise.

Le ralliement de Simon Jolin-Barrette à Bernard Drainville s’inscrit dans cette logique. Il donne à Drainville une forme de caution politique, presque idéologique, associée à l’héritage de François Legault.

Mais au-delà des élus, c’est un autre phénomène, plus troublant, qui se dessine : celui du désalignement du staff politique.

Dans une course à la chefferie, les règles implicites sont pourtant claires : les directeurs de cabinet, les conseillers, les attachés politiques soutiennent généralement le candidat choisi par leur ministre ou demeurent neutres. Par loyauté, par cohérence, par réflexe d’équipe.

Or, cette fois-ci, cette mécanique ne tient plus. Par exemple, les membres du cabinet de Jean-François Roberge appuient Bernard Drainville... alors que leur ministre soutient Christine Fréchette.

Ce décalage est loin d’être anodin. Il révèle un parti où les lignes d’autorité se brouillent, où les fidélités se fragmentent, où même les équipes internes ne parlent plus d’une seule voix. Et c’est là que la course prend une dimension plus curieuse.

Car à quelques jours du verdict, on aurait pu s’attendre à un apaisement. À des gestes de rapprochement. À une volonté de préparer l’après. Après tout, ils auront besoin de toutes les forces vives pour se donner une chance.

C’est plutôt l’inverse qui s’observe. Les divisions se cristallisent. Les camps s’installent. Les positions se durcissent.

Peu importe l’issue, le prochain chef héritera d’un parti qui ne sort pas grandi de cet exercice, mais fragilisé. Un parti traversé par des lignes de fracture visibles... et d’autres, plus profondes encore, qui se jouent à l’interne.

La CAQ n’est pas simplement en train de choisir un chef. Elle est en train de révéler ses fissures.


© Le Journal de Québec