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Une bonne et une mauvaise nouvelle pour Poilievre

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12.03.2026

Voilà que la députée néo-démocrate Lori Idlout a décidé de traverser la Chambre pour se joindre au caucus libéral dirigé par Mark Carney.

Ce simple mouvement produit un effet important à Ottawa : il change la dynamique des élections partielles à venir et confirme les efforts du gouvernement pour obtenir sa majorité.

Pour le chef libéral, la manœuvre est parfaite. Avec les élections partielles prévues le 13 avril, les libéraux pourraient franchir plus confortablement le seuil de la majorité (172 sièges) à la Chambre des communes.

Concrètement, le premier ministre n’aurait plus à gouverner en essayant d’avoir l’appui des partis d’opposition. Une majorité plus solide signifie moins de chantage parlementaire et davantage de marge de manœuvre.

Pour Pierre Poilievre, la nouvelle est plus ambiguë. D’un côté, c’est une bonne nouvelle. Si le gouvernement Carney devient véritablement majoritaire, la perspective d’une élection générale précipitée s’éloigne grandement.

Ainsi, les conservateurs éviteraient le risque d’un scrutin déclenché rapidement, dans un contexte très incertain pour eux.

Mais l’autre côté de la médaille pourrait s’avérer beaucoup moins confortable pour le chef conservateur. Si la menace d’élections à court terme disparaît, certains militants conservateurs pourraient commencer à se poser une question délicate : faut-il garder le même chef pour le prochain grand rendez-vous électoral ?

L’histoire politique canadienne montre que les périodes d’attente entre deux élections alimentent souvent les débats internes. Sans urgence électorale, les partis ont parfois la tentation de régler leurs comptes. Si les libéraux consolident leur majorité après les élections partielles, Pierre Poilievre gagnera peut-être du temps, mais aussi de nouveaux doutes.

Au fond, cette petite migration parlementaire rappelle une vérité simple : à Ottawa, les équilibres peuvent changer avec un seul siège. Et parfois, la stabilité d’un gouvernement crée paradoxalement plus d’incertitude chez l’opposition.

Pour M. Poilievre, la bonne nouvelle d’aujourd’hui pourrait donc devenir la mauvaise surprise de demain si ses propres troupes commencent à s’impatienter sérieusement.


© Le Journal de Québec