Christine Fréchette ose le gaz de schiste
C’est lorsqu’un parti politique est mis au pied du mur qu’il trouve parfois du courage. En dévoilant sa plateforme économique, Christine Fréchette a osé. À un moment où on ne l’attendait plus, elle choisit de rouvrir le débat sur les gaz de schiste.
Cela devait être fait un jour ou l’autre. Ce n’est pas seulement le cas des gaz de schiste qu’il faut réétudier, mais toutes les possibilités de production québécoise d’hydrocarbures. Le pétrole en Gaspésie, les potentiels de gaz naturel, le gisement Old Harry, ce sont aussi des ressources qui ont été complètement oubliées depuis 2022.
Pourquoi 2022? Parce qu’en avril 2022, les partis à l’Assemblée nationale ont adopté une loi soumise par le gouvernement Legault pour interdire toute recherche, toute exploration ou toute exploitation des hydrocarbures sur le territoire québécois. Seul le Parti conservateur d’Éric Duhaime s’y opposait.
Implicitement, en faisant son annonce sur les gaz de schiste, c’est cette loi que Christine Fréchette s’engagerait à rouvrir. Et elle aurait raison de le faire puisqu’il s’agissait d’une belle aberration.
C’est une chose pour un gouvernement de restreindre un type d’exploitation dans des circonstances données, par exemple de refuser l’exploitation des gaz de schiste dans certaines conditions. Mais c’en est une autre de bannir à jamais tout un secteur économique, de s’engager au nom de tous les gouvernements futurs à se priver d’une source de revenus semblable.
Tu ne connais pas les technologies futures ni les nouvelles méthodes qui pourraient permettre une exploitation plus écologique dans l’avenir. Tu ignores comment évoluera le marché et à quel prix nous devrons en importer dans l’avenir. Tu ne connais pas les impacts chez ceux qui exploitent ces ressources ailleurs. Mais tu décides que nous ne les exploiterons jamais.
Pire encore, tu vas jusqu’à interdire la recherche et l’exploration. Si nous sommes assis sur des richesses, nous ne voulons pas le savoir !
C’est moi le plus vert
Ce vote s’est pris quand tous les partis politiques jouaient à qui va être plus vert que le voisin. Ce jeu est fini. La CAQ sortait de la pandémie et avait pris le goût aux consensus sociaux. En votant l’interdiction des hydrocarbures, on espérait recevoir les éloges de la classe médiatique montréalaise.
Quatre partis politiques ont voté pour ce projet absurde en se targuant de représenter le consensus québécois. Pourtant, le peuple était ailleurs. Un sondage Léger de l’année 2022, l’année de l’adoption de cette loi, montrait que 52 % des Québécois souhaitaient que le Québec développe l’exploitation de ses ressources pétrolières. Seulement 28 % des répondants préféraient continuer l’importation.
En touchant à ce qui était devenu un tabou, Mme Fréchette insuffle de la logique dans une autre contradiction québécoise. Nous voulons être les seuls en Amérique du Nord à ne pas exploiter la richesse des hydrocarbures présents sur le territoire. Malgré cela, nous voulons jouir des plus généreux programmes sociaux et du plus gros flux de dépenses gouvernementales.
