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Carney censure Rima Hassan

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Le gouvernement de Mark Carney vient d’interdire à la députée européenne Rima Hassan d’entrer au Canada. Il a tort. Il s’agit bel et bien d’un geste de censure.

Un geste de censure qui de surcroît va donner encore plus de visibilité à Madame Hassan.

On ne peut pas, d’une part condamner les manifestants d’extrême gauche qui refusent la tenue de conférences parce que des personnalités qui heurtent leurs convictions y sont invitées, et d’autre part accepter que des conférenciers soient interdits au Canada pour participer à des conférences, parce qu’ils sont jugés trop à gauche.

Madame Hassan est une députée démocratiquement élue. Sauf erreur, elle ne traîne pas derrière elle de dossier criminel. Elle est donc innocente jusqu’à preuve du contraire et elle n’a pas non plus à prouver son innocence.

Elle soutient le Hamas, mais elle condamne le massacre qu’il a commis en 2023 contre les Israéliens.

À 33 ans, Hassan, défend avec fougue les droits des Palestiniens. Elle trace un parallèle entre l’ancien système d’apartheid en Afrique du Sud et le système de persécution et de dépossession des Palestiniens en Israël et dans les territoires occupés.

Une analyse presque banale en science politique.

Je ne suis pas d’accord avec les positions du Hamas. Il s’agit d’une organisation religieuse totalitaire à la solde de l’Iran. Une organisation qui, entre autres, fomente des attentats.

Mais la cause palestinienne mérite d’être défendue. Les Canadiens et les Québécois ont parfaitement le droit d’exprimer leur soutien de la cause palestinienne, ainsi qu’une certaine solidarité humaine avec les pauvres Palestiniens.

Les Canadiens et les Québécois ont aussi le droit d’exprimer leur solidarité avec les Israéliens et de montrer leur solidarité avec eux.

Mais pour que le débat soit sain, il faut que tous puissent s’exprimer librement.

Or, la censure imposée par le gouvernement Carney va dans le sens inverse.

Ni en Israël ni en Palestine

Cela dit, les conflits nationaux qui opposent divers peuples à travers le monde n’ont pas non plus à rebondir ici.

Nous ne sommes ni en Israël ni en Palestine. Nous ne sommes pas non plus de tradition juive ou musulmane.

Certains intervenants embrassent la cause israélienne ou la cause palestinienne comme s’ils vivaient dans ces régions.

Ce problème de priorité d’appartenance n’est pas propre à ces deux groupes. Il reflète la difficulté d’assimilation grandissante des immigrants dans la plupart des pays occidentaux.

C’est d’ailleurs un des reproches que des Européens lancent à Hassan, avec une certaine justesse. Elle se servirait de son statut pour défendre d’abord la cause des Palestiniens plutôt que celle des Européens.

Des députés de Québec Solidaire et du NPD ont le droit de rencontrer Hassan. Mais étant donné son soutien du Hamas, il s’agit d’une erreur de jugement. À QS et au NPD de vivre avec les conséquences de cette erreur.


© Le Journal de Montréal