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Poilievre est un boulet pour le Parti conservateur

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14.04.2026

Élu l’an dernier à la tête d’un gouvernement libéral minoritaire, Mark Carney vient de réussir un exploit remarquable. Celui d’obtenir une majorité de sièges au parlement sans avoir à déclencher une nouvelle élection.

Sa recette ? Une combinaison de transfuges enthousiastes – quatre députés conservateurs et une néo-démocrate – suivis lundi soir de trois victoires simultanées dans des élections partielles.

Y compris même dans Terrebonne, au bout d’une bataille toutefois serrée avec le Bloc Québécois.

Sans rien enlever aux qualités du premier ministre face aux menaces changeantes de Donald Trump, avouons qu’il est aussi drôlement chanceux d’avoir le très inepte Pierre Poilievre comme chef de l’opposition officielle.

Mark Carney doit faire des neuvaines la nuit pour prier qu’il ne démissionne pas.

Le chef conservateur s’est non seulement montré incapable en 2025 de prendre le pouvoir après 10 ans de règne libéral, depuis, il s’entête malgré tout dans ses méthodes et ses discours abrasifs et dogmatiques issus de la droite dure.

C’est pourquoi je persiste et signe depuis les dernières élections fédérales à l’effet que Pierre Poilievre vit sur du temps politique emprunté.

Il est vrai que la fluidité idéologique exceptionnelle de Mark Carney, capable de gouverner à la fois au centre, au centre droit et au centre gauche, lui permet d’attirer des députés de la gauche comme ceux de la droite.

Le camping au complet

Sous sa direction, le Parti libéral du Canada est devenu bien plus qu’une « tente » politique qui s’élargit à vue d’œil, c’est le camping au complet.

Sauf pour les irréductibles bloquistes qui, pour cause de leur option souverainiste, résistent encore et toujours aux charmes de M. Carney.

En même temps, il est tout aussi vrai que pour les transfuges, tous partis confondus, le miel du pouvoir est plus séducteur que le vinaigre de l’opposition.

Il n’en reste pas moins que s’il y a autant de mécontents dans le caucus conservateur, c’est tout d’abord parce qu’une part croissante des députés, en plus de subir les affres d’un chef autoritaire et borné, réalisent qu’avec Pierre Poilievre, ils risquent de croupir à l’opposition encore longtemps.

Maintenant que les libéraux sont majoritaires, les conservateurs déçus de leur chef et découragés de voir le pouvoir continuer à leur échapper ont cependant du temps devant eux, mais pas trop.

Une révolte immédiate de palais serait donc étonnante. S’il ne quitte pas son poste volontairement, ce qui guette le chef conservateur est plutôt le proverbial supplice de la goutte d’eau.

Soit la possibilité de perdre peu à peu le soutien de la majorité de son caucus jusqu’à ce que la situation devienne intenable pour Pierre Poilievre.

Par contre, si d’autres députés conservateurs devaient succomber bientôt à leur tour au parfum enivrant du cuir douillet des banquettes libérales, la fin de l’ère Poilievre pourrait tout aussi bien s’en voir grandement accélérée.

Tout dépendra du degré d’endurance du caucus conservateur devant l’humiliation répétée de voir certains des siens succomber dans la joie et le soulagement aux sirènes libérales de Mark Carney.


© Le Journal de Montréal