Prix du pétrole: un impact jusqu’à la campagne
C’est la semaine de relâche. Mon voisin me demande si je suis disponible pour garder ses enfants. Il me précise qu’avec les événements de la fin de semaine, ça risque d’être un début de semaine rock’n’roll. Sur le coup, je m’inquiète. Est-ce qu’il est arrivé un malheur ? Il me précise : la guerre au Moyen-Orient.
Il est agriculteur. À l’aube du retour dans les champs, il est sur le qui-vive. Le transport des semences et des intrants, le diesel des tracteurs, si le prix du pétrole grimpe, ça change la game.
C’est fou pareil combien l’action d’un seul homme peut influencer le quotidien jusque dans le fond des campagnes québécoises.
Ça, c’est un problème.
Mais le problème encore plus urgent, c’est notre dépendance croissante à une ressource aussi stratégique.
Inégalités géographiques
Ma région est jeune. À peine plus d’un siècle. Elle s’est développée avec le train, les bateaux à vapeur et les chevaux. Alors, on a des villages éparpillés à la grandeur du territoire. Dans chacun d’eux, fallait trouver de quoi subsister à l’époque parce qu’on ne pouvait pas se déplacer facilement : un magasin général, un dispensaire aujourd’hui devenu un CLSC, une école, etc.
Puis, il y a eu l’automobile. Alors, les services de proximité ont fondu comme neige au soleil. Maintenant, t’as des pintes de lait aux 50 km. Encore heureuse qu’il nous reste quelques fermes laitières pour aller s’en chercher directement dans le bulk tank un coup ben mal pris.
Si les crises exacerbent les inégalités, ça se passera surtout géographiquement.
Développer notre résilience
Alors, c’est quoi le plan de match pour nos milieux ruraux si ça part en couille pour vrai ? Pour que notre monde puisse encore avoir accès à des biens de première nécessité sans s’hypothéquer en prenant son char pour y avoir accès ?
Est-ce que quelqu’un réfléchit sérieusement à un véritable plan de résilience pour le Québec au grand complet ?
