Make Québec small again
Chaque semaine, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons la version écourtée d’un texte paru dans Argument, vol. 29, n° 1 (automne-hiver 2026-2027).
En 1997, j’ai défendu la thèse selon laquelle la Couronne britannique avait pacifié le conflit politique au Bas-Canada au moyen d’un mécanisme astucieux : la petite loterie. Ce mécanisme est demeuré intact et assure toujours la loyauté de l’élite québécoise au régime politique canadien.
Imaginé par Adam Smith, dans La richesse des nations, le mécanisme consiste à satisfaire le besoin de prestige des politiciens frustrés. Aux yeux de l’auteur, la montée des rébellions dans les colonies américaines au début des années 1770 exprimait l’ambition dévorante des élites coloniales.
Pour calmer le jeu, il proposait d’introduire une loterie coloniale. Durham reprendra l’idée dans son rapport, recommandant d’offrir des gratifications aux chefs de la rébellion du Bas-Canada.
Le sociologue Pareto soulignait que l’élite est faite de ceux qui avaient mérité de bonnes notes au concours de la vie, ou tiré de bons numéros à la loterie de l’existence sociale. Pour calmer des rebelles, réduire l’agitation sociale, une élite fait face à deux possibilités : elle peut éliminer les candidats à l’élite par l’emprisonnement, par l’exil ou par la mise à mort ; ou plutôt décider........
