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Le domaine Villa Maria, une vente privée, mais une responsabilité collective

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La mise en vente du domaine Villa Maria dépasse le conflit qui oppose la Congrégation de Notre-Dame au Collège Villa Maria. Il engage pourtant l’avenir d’un vaste ensemble patrimonial et naturel, d’un établissement scolaire présent depuis plus de 170 ans, et notre manière collective de disposer du patrimoine religieux. Le droit de la Congrégation de vendre le domaine est incontestable. Mais l’avenir d’un lieu possédant une telle valeur historique, éducative et paysagère ne peut relever uniquement d’une transaction privée.

Le domaine s’étend sur 1,7 million de pieds carrés sur les flancs du mont Royal. Son histoire foncière euro-canadienne remonte à la concession de 1693, il y a 333 ans, et est précédée par des présences autochtones. L’un de ses principaux bâtiments a aussi servi de résidence officielle à trois gouverneurs généraux du Canada. Les 170 années d’histoire éducative souvent mises en avant ne représentent donc qu’une strate de l’histoire du lieu et tendent à en réduire la portée historique et patrimoniale.

La Congrégation affirme vouloir préserver le caractère institutionnel et naturel du site. Une intention, toutefois, n’est pas une protection. Le périmètre patrimonial actuel de la maison Monk ne couvre qu’une partie restreinte de ses abords et ne garantit pas l’intégrité du domaine. Les conditions annoncées — un bail d’au moins deux ans et un droit de premier refus — permettront aux élèves admis jusqu’en 2026 de terminer leurs études, mais ne garantissent pas le maintien à long terme du collège. La Ville de Montréal et........

© Le Devoir