menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

La politique de la canonnière

17 0
11.03.2026

Au XIXe siècle, le recours à la force des États les plus puissants de la planète se manifestait principalement par la possibilité qu’ils avaient d’envoyer sur les océans des flottes cuirassées armées de redoutables canons capables de tirer des obus explosifs. On appela cela la « politique de la canonnière », dont la variante états-unienne prit le nom de « diplomatie du Big Stick ».

Pour une sombre histoire de sommes dues à un pâtissier français et que le Mexique rechignait à payer, la France de Louis-Philippe enverra ainsi, en 1838, une flottille dans le golfe du Mexique qui détruira en quelques heures le fort réputé imprenable qui protégeait le port de Veracruz. Ironiques, les Mexicains appelleront ce conflit, aussi bref qu’asymétrique, la « Guerra de los Pasteles », la Guerre des pâtisseries.

En 1896, c’est au tour des Britanniques, mécontents du nouveau sultan monté sur le trône de Zanzibar, d’y dépêcher des navires, qui, en quelque trente minutes, tuèrent cinq cents soldats, incendièrent le palais du sultan et mirent ce dernier en fuite. Ils n’eurent plus ensuite qu’à le remplacer par un nouveau souverain fantoche. Au tout début du XXe siècle, les bâtiments de la US Navy n’auront, pour leur part, même pas besoin de tirer, leur seule présence contraignant la Colombie à reconnaître l’indépendance de la province de Panama, qui s’empressera ensuite de vendre aux États-Unis la zone du futur canal.

Avec l’enlèvement à Caracas du président Maduro et de son épouse et maintenant les bombardements........

© Le Devoir