Idées|Il est temps d’agir contre la misogynie, l’homophobie et la transphobie en classe Patrick Bydal, Valérie Fontaine, Mélanie Laviolette, André Bernier et Simon Boulerice
À l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, le 17 mai, nous, organisations et partenaires œuvrant au sein des réseaux de l’éducation, unissons nos voix pour exprimer notre profonde inquiétude face à la montée préoccupante des discours misogynes, homophobes et transphobes dans nos établissements d’enseignement.
Les récentes recherches du GRIS-Montréal et celle de Francis Dupuis-Déri sont venues confirmer ce que le personnel sur le terrain remarquait déjà : il y a une augmentation de l’intolérance à l’égard des personnes des communautés LGBTQ2 .
Drapeaux arc-en-ciel arrachés, comités de la diversité ciblés et intimidés, commentaires homophobes, transphobes ou misogynes : les manifestations de cette intolérance se multiplient. Depuis quelques années, nous observons une banalisation croissante de propos inadéquats, voire haineux, visant les femmes, les personnes des minorités sexuelles et de genre ainsi que les personnes alliées. Ces discours et comportements, autrefois marginaux, s’infiltrent désormais dans les cours d’école, les salles de classe et les espaces numériques fréquentés par nos enfants, nos élèves et nos personnes étudiantes.
Les conséquences sont réelles et bien documentées : détresse psychologique, anxiété, dépression, climat d’apprentissage inadéquat, décrochage scolaire, pensées suicidaires et parfois même suicide.
Nous ne pouvons fermer les yeux ni garder une attitude passive devant ce qui se passe. Il y a urgence d’agir.
Nos établissements d’enseignement doivent demeurer des lieux où chaque personne peut apprendre, travailler, grandir et s’épanouir en sécurité, peu importe son identité de genre, son orientation sexuelle ou son expression de genre. Tolérer les discours de haine, c’est faillir à notre mission éducative fondamentale.
Ce sont nos enfants, nos élèves et nos personnes étudiantes qui grandissent dans ces milieux, qui sont témoins et qui subissent ces situations. Si nous souhaitons que la prochaine génération fasse mieux, nous devons lui démontrer, par nos actions, que ces enjeux sont pris au sérieux.
En ce 17 mai, nous réaffirmons notre engagement ferme à agir de façon concertée et immédiate afin que les milieux d’enseignement demeurent des espaces sécuritaires, inclusifs et respectueux pour tout le monde.
* Ont cosigné cette lettre : Francis Dupuis-Déri, professeur Université du Québec à Montréal (UQAM), coresponsable du Chantier sur l’antiféminisme (RéQEF) ; Christopher Zéphyr, président, Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ; Yves de Repentigny, vice-président, Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) ; Heidi Yetman, présidente de l’Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ) ; Ryan W. Moon, vice-président, Fédération des professionnèles (FP-CSN) ; Martin Blais, professeur, titulaire de la Chaire de recherche sur la diversité........
