De l’utilité des slogans en campagne électorale
Le Devoir vous invite sur les chemins de traverse de la vie universitaire. Une proposition à la fois savante et intime, à cueillir tout l’été comme une carte postale. Aujourd’hui, on se penche sur les slogans électoraux.
La campagne électorale est à nos portes, mais la bataille des mots est déjà commencée. « C’est possible », affirme Québec solidaire. Le Parti québécois (PQ) nous propose de faire « Le choix de la confiance », tandis que le Parti libéral (PLQ) invite à « Rassembler. Réparer. Bâtir ». Le Parti conservateur (PCQ) entend, lui, « Oser pour vrai ». La Coalition avenir Québec, rebaptisée Équipe Christine Fréchette, lance quant à elle un « Avançons ».
Quelques mots peuvent-ils réellement peser dans une campagne ? Pourquoi certains slogans restent-ils en mémoire, alors que d’autres sont presque aussitôt oubliés ?
Pris isolément, un slogan peut sembler bien mince. Il ne remplace ni un programme, ni des engagements, ni une vision. Mais il ne se tient jamais seul : il est la formule la plus condensée d’une campagne plus vaste, faite d’idées, d’images, de publicités, de discours et de rencontres sur le terrain. Son utilité est moins d’expliquer que de donner une direction. Un bon slogan ne résume pas tout ; il fournit une clé de lecture.
Celui de Québec solidaire l’illustre bien. « C’est possible » pourra être décliné au fil des propositions : faire face au coût de la vie, taxer davantage les plus riches ou développer des transports durables. La formule répond aussi, d’avance, à une faiblesse souvent attribuée au parti : ses idées seraient séduisantes, mais difficiles à réaliser. À ceux qui demandent « comment ? », Québec solidaire pourra répondre : c’est possible. Le slogan ne règle évidemment pas la question de la faisabilité, mais il déplace habilement........
