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Le Québec peut-il faire bande à part dans la francophonie sur le front de l’orthographe?

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07.08.2026

L’été ramène dans son sillage la bien-aimée rubrique Point de langue, avec pour guide la professeure Mireille Elchacar. La lexicologue québécoise vous invite à penser le français autrement dans une formule à mi-chemin entre l’essai et la vulgarisation scientifique.

Nous avons abordé la semaine dernière quelques idées reçues qui circulent à propos des modestes Rectifications de l’orthographe (dorénavant RO), comme la (fausse) rumeur voulant qu’on accepte chevals. Une autre idée reçue tenace est la peur que le Québec fasse bande à part en acceptant, seul, ces propositions. Il serait en effet problématique que le Québec adopte une orthographe qui diverge de celle du reste de la francophonie. Heureusement, ce n’est pas le cas.

On sait que la langue doit bouger, évoluer. Elle s’adapte aux époques, aux lieux, aux besoins des personnes qui la parlent. Cette variation est nécessaire et bénéfique. Or, la langue n’est pas l’orthographe : alors que la langue s’accommode tout à fait de variations de prononciation ou d’expressions et que de nouveaux mots peuvent naître sous l’impulsion de simples locuteurs, ce n’est pas le cas pour l’orthographe, qui doit être encadrée et relativement uniforme.

Lorsqu’elle est modifiée, cela doit se faire après étude approfondie par des spécialistes. L’orthographe française est une construction extrêmement complexe faite d’éléments phonétiques, de traces du latin, de marques artificielles témoignant d’une prononciation passée ou aspirant à un certain prestige, voire d’erreurs. Ces éléments prennent appui les uns sur les autres et on ne peut pas faire de changements à l’orthographe sans avoir........

© Le Devoir