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La «foutaise» de Marc Miller

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01.04.2026

Selon Marc Miller, les 2,4 milliards alloués à la promotion de l’anglais au Québec dans le cadre des programmes d’appui aux langues officielles depuis 1995, c’est de la « foutaise ». Une partie de ce financement est allouée chaque année aux groupes de pression anglophone, comme le TALQ (alias QCGN, alias « Alliance Québec »), qui revendiquent toujours plus de services en anglais dans les services publics fédéraux, québécois, municipaux et dans la société civile. Au fil des années, sous l’effet de ces groupes militants appuyés par le financement fédéral des contestations judiciaires, le Québec est largement revenu au bilinguisme institutionnel que la Charte de la langue française voulait baliser. La loi 96 vise justement à renforcer la position de la langue française comme langue officielle et commune du Québec.

En soutenant ces groupes, le gouvernement libéral contribue à faire en sorte qu’on peut vivre au Québec sans avoir à dire un mot en français, comme l’a si bien souligné Michael Rousseau.

Le ministre responsable des langues officielles, Marc Miller, tente aussi de faire diversion en répétant que 4 milliards ont été annoncés dans le plan d’action sur les langues officielles. De cette somme, une bonne partie est versée aux francophones hors Québec, ce que nous soutenons. Toutefois, 20 % de cette somme vont directement à la communauté anglophone du Québec, qu’Ottawa considère comme une minorité linguistique. Au Bloc québécois, nous croyons plutôt que cet argent devrait servir à soutenir des initiatives positives pour promouvoir la langue française, la seule langue officielle menacée et en déclin.

Pire encore, contrairement à ce qu’indiquent les nouvelles dispositions de la Loi sur les langues officielles, aucune nouvelle mesure n’a été prise par le fédéral pour soutenir le français au Québec, ce qui fait l’objet d’une action judiciaire de Droit collectif Québec. La langue française est non seulement la pierre angulaire de la nation québécoise, elle est aussi le lieu d’échange des Québécois, cette particularité qui nous différencie de nos voisins américains et canadiens et qui vaut la peine d’être protégée et promue.

Ottawa fait pourtant exactement l’inverse en ne soutenant aucune mesure pour la langue française au Québec par son Plan d’action pour les langues officielles et en versant pas moins de 100 millions de nos taxes et impôts chaque année aux groupes et initiatives pour la vitalité de l’anglais au Québec.

Ces données ne sont pas de la foutaise, mais proviennent plutôt directement des comptes publics canadiens. Nous invitons donc les libéraux et le ministre Miller à agir et à respecter leur propre loi. Cette inaction ne fait que démontrer, une fois de plus, que le Québec a tout à gagner à être maître de son aménagement linguistique en devenant un pays qui n’aura pas à subir les décisions d’un autre.

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