Une majorité, et maintenant?
Fort de sa toute nouvelle majorité, Mark Carney a promis de se montrer magnanime à l’endroit des partis d’opposition, qu’ils aient un contrôle parlementaire ou non. Le premier ministre néophyte a certes une approche politique partisane inédite. Son empressement de la dernière année a cependant fait mentir d’aussi belles paroles à l’occasion. L’indulgence à son égard sera prudente. Souhaitons surtout que Mark Carney, avec trois ans devant lui, seul aux commandes, mette cette impatience d’exécution à bon escient.
La priorité absolue du premier ministre canadien était on ne peut plus claire, dès son premier point de presse à la tête d’un gouvernement majoritaire. Il n’y aura pas de déclenchement d’élections anticipées. Ni de remaniement ministériel d’ici cet été. « On veut gouverner, on veut agir. Il faut avancer. »
Les défis sont titanesques, le programme du gouvernement, ambitieux. Mark Carney n’avait déjà pas de temps à perdre. Les cinq défections de l’opposition vers ses rangs, jumelées aux trois élections partielles ayant ramené aux Communes autant d’élues libérales, lui en accordent toutefois davantage, sans entrave.
Cette latitude évite en outre au premier ministre de s’atteler à un éventail élargi de priorités. « Build, baby, build », scandait-il en campagne électorale il y a un an. Mais qu’en est-il de l’urgence de protéger........
