Un budget à l’encre délébile
Ce dernier budget caquiste ne sera pas le premier qui, sitôt déposé, soit sitôt à risque d’être réécrit, à l’issue d’une campagne électorale qui désignerait un nouveau gouvernement. Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard, qui souhaitait s’inscrire dans l’histoire en présentant son huitième exposé financier aux côtés de François Legault, risque en revanche de se révéler le tout premier à ce poste à soumettre un plan budgétaire intrinsèquement transitoire.
Dans l’attente de l’élection d’un successeur au premier ministre François Legault, dans à peine plus de trois semaines, M. Girard aurait pu s’en tenir au dépôt de crédits provisoires et laisser le soin à Christine Fréchette ou à Bernard Drainville d’apposer leur marque, dès leur entrée en fonction, au budget de l’État québécois et d’en bonifier les portefeuilles de leur choix. Le ministre a toutefois préféré déposer son propre (et possible dernier) énoncé budgétaire annuel en bonne et due forme.
Une question de prévisibilité, à la fois pour l’appareil gouvernemental, les services publics et la société civile, avant la fin de l’année financière, a-t-il affirmé. Cette base de référence budgétaire, sur laquelle ont été consultés les deux aspirants premiers ministres, devrait certes ainsi demeurer........
